Comment l'Angleterre a divisé par trois le nombre de SDF

A Londres, de notre correspondant Eric Albert

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Trois nuits où la météo prévoit une température qui passe sous zéro degré: c’est le seuil limite fixé par le gouvernement britannique pour lancer son plan d’urgence pour les sans-abri.

La semaine dernière, le plan a été activé pour la première fois de cet hiver. «Nous recevons alors des financements d’urgence du gouvernement pour fournir tous les solutions d’urgence possibles, explique une porte-parole de l’association St Mungo’s. Il peut s’agir d’une salle de télévision dans un de nos centres, d’un vieux bâtiment vétustes que nous n’utilisons pas…»

Outre-Manche aussi, le froid rend le problème des sans-abri plus criant. Chaque commune gère son propre service de logements d’urgence, sans coordination centrale. Les horaires d’ouverture changent donc d’un endroit à l’autre.

Le problème des «SDF cachés»

L’association St Mungo’s a choisi de fournir des accueils ouverts toute la journée, sans limite d’heure. Mais les SDF ne peuvent pas y rester plus de trois semaines, le temps qu’un bilan de leur situation soit effectué. Ensuite, ils sont renvoyés vers des structures semi-permanentes.

Toutes les associations le disent: le nombre de sans-abri a fortement baissé depuis dix ans en Grande-Bretagne. Le gouvernement estime que chaque nuit, environ 500 personnes dorment dehors, trois fois moins qu’en 1997. Raison: le nombre de logements d'urgence a augmenté et la coordination des services d'urgence s'est améliorée.

Mais le problème s’est déplacé vers «les SDF cachés»: les familles mal-logées, ceux qui s’entassent dans des appartements surpeuplés et des solutions provisoires. Selon l’association Shelter, 1,6 million de mineurs sont actuellement «mal-logés».