Près de 20 morts dans des violences à Rio

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27 decembre rio de janeiro
27 decembre rio de janeiro — reuters

Des bandits fortement armés ont lancé douze attaques contre des cibles civiles et policières à Rio de Janeiro jeudi à l'aube qui ont fait au moins 19 morts et 22 blessés, a annoncé le secrétaire brésilien à la Sécurité, Roberto Precioso.

Huit commissariats ou postes de police ont été mitraillés ainsi qu'un hôpital, tandis que quatre autocars et deux voitures de police ont été incendiés dans divers quartiers et dans la banlieue. Sept personnes sont mortes carbonisées dans un autocar de touristes qui venait de l'Etat voisin d'Espirito Santo avec 28 passagers à son bord.

«Un groupe de trafiquants armés a arrêté le car et ils n'ont pas laissé le temps aux passagers de descendre», a raconté un témoin à la chaîne de TV Globo News.

Deux policiers figurent parmi les victimes et huit autres ont été blessés mais cinq bandits ont été tués par la police au cours d'échanges de tirs, a précisé le secrétaire à la Sécurité de l'Etat de Rio. Deux autres personnes ont été tuées par balles, dont une vendeuse ambulante de 33 ans, qui se trouvait près d'une cabine de police à Botafogo. Son enfant de quatre ans a été blessé. Quatorze civils ont été blessés.

Une attaque liée au trafic de drogue

L'ordre d'attaquer des cibles civiles et policières est parti de la prison de haute sécurité Bangu I, a assuré Roberto Precioso. Il a attribué cette vague de violences à une «réaction des trafiquants contre les autorités de l'Etat de Rio qui répriment le trafic de drogue»et à une «tentative d'intimidation du nouveau gouvernement qui prendra ses fonctions le 1er janvier».

«Avec le changement de gouvernement (de l'Etat de Rio) les criminels redoutent que la répression augmente encore plus», a-t-il souligné. Il a écarté l'hypothèse de représailles contre les milices formées de policiers et d'anciens policiers qui ont commencé il y a quelques mois à expulser les trafiquants de drogue de certaines favelas.

Les violences de Rio rappellent les mutineries et les attaques déclenchées par le crime organisé dans l'Etat de Sao Paulo au mois de mai contre des objectifs civils -autobus, banques- et policiers pour protester contre le transfèrement de centaines de prisonniers vers une prison de haute sécurité.

Orchestrées depuis les prisons par l'organisation criminelle Premier commandement de la capitale (PCC), ces violences, suivies d'une contre-attaque de la police, avaient fait officiellement plus de 170 morts, dont une quarantaine d'agents des forces de l'ordre.