Tunisie: François Hollande salue une Constitution pouvant «servir d'exemple à d'autres pays»

MONDE La Tunisie célébrait ce vendredi sa nouvelle Constitution en présence de plusieurs chefs d'Etat étrangers dont le Français François Hollande, seul Européen à être présent...

B.D. avec AFP

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François Hollande à Toulouse, le 9 janvier 2014.
François Hollande à Toulouse, le 9 janvier 2014. — FRED SCHEIBER/20 MINUTES

Le président français François Hollande a salué ce vendredi à Tunis la nouvelle Constitution tunisienne, estimant qu'elle pouvait «servir d'exemple à d'autres pays» soulignant que «l'islam est compatible avec la démocratie».

A l'issue de plus de deux ans de débats houleux et de crises politiques, la Tunisie célébrait ce vendredi sa nouvelle Constitution en présence de plusieurs chefs d'Etat étrangers dont le Français François Hollande, seul Européen à être présent. La cérémonie a eu lieu dans la matinée à l'Assemblée nationale constituante. Elle était purement symbolique, la Loi fondamentale ayant été adoptée le 26 janvier et signée par les dirigeants tunisiens le lendemain, trois ans après la révolution qui a renversé le président Zine El Abidine Ben Ali.


Hollande en Tunisie pour célébrer la nouvelle... par BFMTV

«Un texte majeur» qui «fait honneur à votre révolution»

Tout comme ses homologues, François Hollande s'est exprimé à la tribune de l'Assemblée constituante. «Aujourd'hui, je viens saluer la Constitution tunisienne, un texte majeur» qui «fait honneur à votre révolution et peut servir d'exemple à d'autres pays», a dit François Hollande devant l'Assemblée nationale constituante. «Cela confirme ce que j'avais dit en juillet: l'islam est compatible avec la démocratie», a-t-il ajouté, faisant référence à sa première visite à Tunis en juillet dernier où il était venu encourager le processus de transition démocratique dans ce pays, pionnier des Printemps arabes.

«A ce moment-là rien n'était acquis, des menaces lourdes» pesaient sur ce processus, a-t-il rappelé. «La Tunisie n'est pas une exception, c'est un exemple.» «Vous incarnez l'espoir dans le monde arabe et bien au delà», a aussi déclaré le président français vantant «un pays hospitalier, accueillant, beau et démocratique». «Je mesure les défis qui vous attendent encore», a-t-il poursuivi mentionnant notamment la loi électorale qui doit encore être adoptée pour que des élections puissent avoir lieu en 2014.

«La joie de cette réalisation ne doit pas faire oublier l'importance des défis à venir»

Le président du Conseil européen, Herman Von Rompuy, a lui aussi estimé que la Constitution avait «valeur d'espoir, valeur d'exemple pour d'autres pays». «En ce jour de célébration je vous encourage à persévérer dans la voie que vous avez empruntée», a-t-il ajouté. Le président libanais Michel Sleimane a de son côté salué un texte qui «renforce les acquis de la première Constitution» tunisienne et qui garantit les droits de la femme.

Le nouveau Premier ministre tunisien Mehdi Jomaa a souligné que «la joie de cette réalisation ne doit pas faire oublier l'importance des défis à venir». «Nous nous sommes engagés à compléter le processus et à préparer des élections libres et transparentes. Cela a été un engagement clair de ma part et de celui de mon gouvernement», a-t-il affirmé, en promettant de s'efforcer de rétablir la confiance des investisseurs. Avant lui, le président de la Constituante, Mustapha Ben Jaafar, avait de nouveau salué une Constitution «consensuelle, éloignée des calculs de la majorité et de la minorité». «La Tunisie marche à pas assurés pour sortir de cette difficile période de transition. Nous avons remporté la bataille de la liberté, et il reste une longue route pour ancrer les institutions démocratiques et remporter la bataille du développement», a-t-il ajouté.