Espagne: Le scandale qui éclabousse la Famille royale

CHRONOLOGIE L'infante Cristina, la seconde fille du roi d'Espagne Juan Carlos, mise en examen pour fraude fiscale et blanchiment de capitaux, doit être entendue samedi, au tribunal de Palma de Majorque...

B.D. avec AFP

— 

L'infante Cristina et son mari Inaki Urdangarin, le 4 mai 2008 à Barcelone
L'infante Cristina et son mari Inaki Urdangarin, le 4 mai 2008 à Barcelone — Josep Lago AFP

Voici les grandes dates de l'affaire de corruption dans laquelle sont impliqués l'infante Cristina, la seconde fille du roi d'Espagne Juan Carlos, et son époux. Cristina, mise en examen pour fraude fiscale et blanchiment de capitaux, doit être entendue samedi, au tribunal de Palma de Majorque, par le juge José Castro qui la soupçonne d'avoir coopéré avec les activités délictueuses présumées de son mari. Ce dernier, Iñaki Urdangarin, est soupçonné, avec son ancien associé Diego Torres, d'avoir détourné 6,1 millions d'euros d'argent public via l'institut Noos, une société à but non lucratif qu'il a présidée entre 2004 et 2006.

22 juillet 2010

Ouverture par le juge José Castro d'une enquête sur Noos, qui passait des contrats avec les régions des Baléares et de Valence pour l'organisation de congrès liés au sport, ce qui aurait donné lieu à l'émission de fausses factures via des sociétés écran. Cette enquête constitue un volet de l'affaire «Palma Arena», du nom d'un vélodrome de Palma de Majorque dont le financement serait lié à des malversations. Le président régional de l'époque, Jaume Matas, sera condamné en mars 2012 à six ans de prison pour notamment «malversation» et «trafic d'influence aggravé» dans ce dossier.

11 juillet 2011

Diego Torres, mis en examen pour détournement présumé de fonds publics, est entendu par le juge Castro.

12 décembre 2011

La Maison royale écarte Iñaki Urdangarin de toute activité officielle car son comportement «ne paraît pas exemplaire».

29 décembre 2011

Le gendre du roi est mis en examen, accusé de détournements de fonds via la fondation Noos, à l'occasion notamment de l'organisation du Forum des Iles Baléares, un congrès sur le tourisme et le sport tenu en 2005 et 2006.

25 et 26 février 2012

Urdangarin, entendu par le juge Castro, tente de se démarquer de la gestion de Noos et disculpe son épouse.

20 novembre 2012

Le Parquet anti-corruption demande le paiement d'une caution de 8,2 millions d'euros à Urdangarin et Torres. Ne pouvant la déposer à temps, l'époux de l'infante devra fournir une liste de ses biens pouvant être saisis.

16 février 2013

Entendu par le juge, Torres affirme que «la Maison royale supervisait les activités» de Noos, selon El Pais.

18 février 2013

El Pais et El Mundo reproduisent des courriers électroniques attribués à Urdangarin, semblant indiquer que le roi soutenait et suivait de près son gendre dans sa carrière d'homme d'affaires.

23 février 2013

Devant le juge, Urdangarin exonère la Maison royale de toute implication. Le secrétaire particulier des deux infantes, Carlos Garcia Revenga, mis en examen, affirme au juge que ni lui ni Cristina ne se sont occupés de la gestion de Noos.

3 avril 2013

Le juge met en examen et convoque pour le 27 avril Cristina, soupçonnée d'avoir «coopéré» avec son mari alors qu'elle était, jusqu'en 2006, membre de la direction de Noos.

7 mai 2013

Après un recours du Parquet, qui estime «inexistants» les indices contre Cristina, le juge Castro suspend sa mise en examen mais veut poursuivre l'enquête sur un «possible délit de fraude fiscale et/ou pour blanchiment d'argent».

24 mai 2013

Le magistrat demande aux services fiscaux un rapport sur les comptes et biens de l'infante, incorporant à l'enquête ses dix dernières déclarations d'impôts.

4 novembre 2013

La justice ordonne la saisie de 16 biens appartenant à Urdangarin ou Torres, pour un montant de 6,1 millions d'euros en compensation de la caution qu'ils n'ont pas déposée.

14 novembre 2013

Le Parquet s'oppose, faute d'indices, à la mise en examen de l'infante.

7 janvier 2014

Le juge Castro inculpe Cristina de «délits fiscaux présumés et blanchiment de capitaux». Son audition samedi devrait constituer le dernier volet majeur de l'instruction avant que le juge ne décide si «l'affaire Noos» donnera lieu à un procès.