Somalie, 15 ans de violences

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La Somalie est le théâtre d'une guerre civile depuis 1991 qui a fait entre 300.000 et 500.000 morts. Des institutions de transition, mises en place en 2004 avec le soutien de la communauté internationale n'ont pas réussi à s'imposer, face aux chefs de guerre puis devant la poussée des islamistes.

- 27 janvier 1991: Les rebelles du Congrès de la Somalie unifiée (USC) s'emparent de Mogadiscio. Fuite du président Mohamed Siad Barre, au pouvoir depuis 1969.
   

- 18 mai: Le Mouvement national somalien (SNM) proclame la sécession du nord-ouest du pays et fonde la "République du Somaliland" (non reconnue).
   

- 17 novembre: Déclenchement de la guerre civile à Mogadiscio entre partisans de deux chefs de guerre, Ali Mahdi Mohamed et Mohamed Farah Aïdid.
   
- 9 décembre 1992: Début de l'opération multinationale "Restore Hope" pour aider les victimes de la famine et tenter de rétablir la paix.
   
- 4 mai 1993: Une opération de l'ONU prend le relais de "Restore Hope".

 

- 5 juin: 24 Casques bleus pakistanais sont tués à Mogadiscio au cours d'affrontements avec des miliciens d'Aïdid.
   

- 3 octobre: 18 soldats américains sont tués à Mogadiscio dans la traque contre Aïdid. Washington décide le retrait de ses troupes.
   

- 2 mars 1995: Les derniers soldats de l'ONU quittent la Somalie après l'échec de leur mission (151 Casques bleus tués).
   
- 24 juillet 1998: Le Puntland (nord-est) proclame son autonomie.
   
- 2 mai-27 août 2000: Une conférence à Djibouti aboutit à la formation d'institutions de transition mais non reconnues par les chefs de guerre.
   
- 22 mars 2001: Des chefs de factions créent un Conseil de réconciliation et de restauration (CSRR), soutenu par l'Ethiopie. Après les attentats du 11-Septembre, la Somalie, soupçonnée de liens avec Al-Qaïda, est placée sous surveillance internationale.
   
- 22 août 2004: Inauguration à Nairobi d'un nouveau Parlement de transition, reconnu par les principaux chefs de guerre.
   

- 10 octobre: Abdullahi Yusuf Ahmed élu chef de l'Etat par le Parlement.
   
- Juin-juillet 2006: Les milices des tribunaux islamiques s'emparent de la capitale après plusieurs mois de combats contre une alliance de chefs de guerre soutenue par les Etats-Unis.
   

- 24 août: Les tribunaux islamiques menacent l'Ethiopie d'"une guerre totale" si elle ne retire pas ses troupes déployées selon eux à Baïdoa, siège des institutions de transition. Addis Abeba nie à plusieurs reprises ce déploiement, reconnaissant seulement l'envoi d'instructeurs militaires.
   

- 18 septembre: Onze morts dans un attentat-suicide à Baïdoa, attribué à Al Qaïda.
   

- 9 octobre : Les tribunaux islamiques déclarent « la guerre sainte » contre le gouvernement et l'Ethiopie.
   

- 1er novembre: Report sine die des négociations de paix gouvernent/islamistes.
   

- 30 novembre : Feu vert du parlement éthiopien autorisant le gouvernement à "prendre toutes les mesures pour défendre" le pays.
   

- 12 décembre: Ultimatum des islamistes donnant une semaine aux troupes éthiopiennes pour évacuer la Somalie.
   

- 20 décembre: Début de combats sur plusieurs fronts près de Baïdoa.
   

- 24 décembre: L'Ethiopie reconnaît pour la première fois son intervention en annonçant avoir "lancé une contre-attaque" en Somalie. Addis Abeba invoque "son droit de légitime défense".