Texas: Une femme en fauteuil roulant et attardée mentale est sur le point d'être exécutée

avec AFP

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La commission de discipline des juges du Texas (sud des Etats-Unis) a entamé jeudi des poursuites contre la présidente de la cour d'appel de l'Etat, qui avait refusé en 2007 de laisser le greffe ouvert après 17H00 pour enregistrer le dernier recours d'un condamné à mort, du coup exécuté.
La commission de discipline des juges du Texas (sud des Etats-Unis) a entamé jeudi des poursuites contre la présidente de la cour d'appel de l'Etat, qui avait refusé en 2007 de laisser le greffe ouvert après 17H00 pour enregistrer le dernier recours d'un condamné à mort, du coup exécuté. — Paul Buck AFP/Archives

Elle sera peut-être la quatorzième femme exécutée aux Etats-Unis, depuis le rétablissement de la peine de mort dans le pays en 1976. Suzanne Basso, 59 ans dont 14 passés dans le couloir de la mort, devrait mourir par injection intraveineuse de barbituriques à 18h heure locale (minuit heure française) à Huntsville, au Texas.

Cette femme aujourd'hui handicapée, qui pesait près de 160 kilos lors de son arrestation en septembre 1999 et dont les avocats ont argué du retard mental, a été condamnée à mort pour le meurtre en réunion avec violences et actes de torture de son compagnon, pour bénéficier de son assurance-vie.

«Il est difficile d'imaginer comment cette sexagénaire, confinée à un fauteuil roulant, puisse être une menace pour la société»

Malgré tous ses appels jusque devant la Cour suprême des États-Unis, la condamnation à mort de Suzanne Basso a été confirmée au fil des ans et, c'est assise dans son fauteuil roulant, dans le couloir de la mort des femmes au Texas, qu'elle attendait mercredi d'être transférée dans la chambre de la mort de Huntsville, peu avant l'heure fatale. Un ultime recours est entre les mains du bureau texan de remise des peines.

«Le premier critère pour imposer la peine capitale à quelqu'un au Texas c'est que l'accusé soit considéré comme un danger futur pour la société. Or, il est difficile d'imaginer comment cette sexagénaire, confinée à un fauteuil roulant, puisse être une menace pour la société si elle restait en prison pour le restant de ses jours», a déclaré Richard Dieter, directeur du Centre d'information sur la peine capitale (DPIC).

Avec cinq autres personnes, Suzanne Basso avait assassiné son mari, Louis «Buddy» Musso, un attardé mental de 59 ans. Il avait été brûlé avec des cigarettes et battu à mort avec ceintures, battes de baseball et bottes ferrées. Son corps méconnaissable, présentant de multiples commotions et fractures, avait été retrouvé en bord de route près de Houston, en août 1998, selon des documents judiciaires.