La Syrie traîne des pieds sur ses armes de destruction massive

Faustine Vincent

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Image de la télévision syrienne le 10 octobre 2013, montrant un inspecteur de l'OIAC (chargée du démantèlement des armes chimiques en Syrie) au travail dans un lieu tenu secret en Syrie.
Image de la télévision syrienne le 10 octobre 2013, montrant un inspecteur de l'OIAC (chargée du démantèlement des armes chimiques en Syrie) au travail dans un lieu tenu secret en Syrie. — AFP

«Le régime fait de la procrastination sur les armes chimiques», observe un diplomate français. D’après la résolution 2118 de l’ONU pour le démantèlement de l'arsenal chimique syrien et le plan de destruction, la Syrie aurait dû avoir évacué au 31 décembre 2013 ses 700 tonnes d’agents chimiques les plus dangereux, notamment ceux qui composent les gaz moutarde et sarin. Elle aurait aussi dû évacuer d’ici à ce mercredi 5 février 500 tonnes supplémentaires de produits toxiques de «catégorie 2».

Or, elle n’en a évacué que moins de 5%, a constaté l’Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), qui appelle à «accélérer le rythme». Seuls deux chargements d’agents chimiques ont quitté la Syrie, les 7 et 27 janvier via le port de Lattaquié, pour être détruits en mer. Les agents chimiques doivent être évacués à bord de navires militaires danois et norvégiens à destination du port italien de Gioia Tauro, où ils seront transférés sur un navire de la marine américaine spécialement équipé pour procéder à leur destruction.

Destruction avant le 30 juin 2014

Le 8 janvier, l’OIAC avait déjà exhorté la Syrie à intensifier ses efforts, alors que Damas avait déjà pris du retard dans l’évacuation des agents chimiques les plus dangereux hors de son territoire.

Pour justifier un tel retard, le régime a notamment évoqué les problèmes de sécurité liés à la guerre qui fait rage depuis mars 2011. L’excuse n’a pas convaincu. Face à la mauvaise volonté du régime, le secrétaire d’Etat américain John Kerry a menacé vendredi le président Bachar Al-Assad de sanctions du Conseil s'il ne respectait pas ses obligations «globales, légales et internationales». «La résolution sur les armes chimiques oblige le régime à agir, assure de son côté le diplomate français. Cela pèse sur le régime et on va le lui rappeler».

Le plan de désarmement prévoit aussi que la totalité de l’arsenal chimique syrien soit détruite au 30 juin 2014. Ce plan avait été adopté à la suite d'un accord russo-américain ayant permis d'éviter des frappes militaires américaines en Syrie. Vu les lenteurs de Damas sur le désarmement, le respect de ses engagements à cette date paraît désormais plus utopique que jamais.