Le père de Niazovland s'en est allé...

©2006 20 minutes

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Le Turkménistan a accusé le coup hier matin, lorsque la télévision a annoncé la mort par arrêt cardiaque du Président à vie, avec en fond d'écran le drapeau national et un portrait du défunt. Et pour cause. Saparmourat Niazov, 66 ans, qui dirigeait ce pays d'Asie centrale d'une main de fer depuis vingt et un ans, s'invitait quotidiennement dans la vie de ses concitoyens. Portraits géants sur les bâtiments officiels, lecture de ses oeuvres imposée aux écoliers, étudiants et fonctionnaires, reportages à sa gloire dans les médias, Niazov avait même rebaptisé les douze mois de l'année, le premier devenant « Turkmenbachi », son surnom, qui signifie « leader de tous les Turkmènes ».

Beaucoup plus grave, les délires narcissiques de Niazov se doublaient d'une répression sans pitié de toute forme d'opposition. La journaliste Catherine Berthillier s'en était fait l'écho dans les colonnes de 20 Minutes (édition du 28 septembre) après qu'Ogoulsapar Mouradova, une journaliste turkmène qui l'avait assistée lors de ses reportages dans le pays, eut disparu dans une prison secrète début septembre.

Aujourd'hui, toute la question est de savoir comment cette ex-République soviétique va gérer la succession de Niazov. Pour l'instant, c'est le vice-Premier ministre, Gourbangouly Berdymoukhammedov, qui assurera l'intérim. Mais rien n'est définitif. Une réunion du Conseil populaire doit discuter du nom du successeur le 26 décembre, soit deux jours après les funérailles de Niazov. Ce pays riche en gaz (12e rang mondial selon le groupe pétrolier BP) pourrait susciter beaucoup de convoitises.

Armelle Le Goff