Le dictateur turkmène est mort

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Les Etats-Unis militent pour la construction d'un gazoduc entre le Turkménistan et le Pakistan, concurrent d'un projet iranien, tandis que la Russie cherche à renforcer sa mainmise énergétique dans cette région d'Asie centrale riche en hydrocarbures.
Les Etats-Unis militent pour la construction d'un gazoduc entre le Turkménistan et le Pakistan, concurrent d'un projet iranien, tandis que la Russie cherche à renforcer sa mainmise énergétique dans cette région d'Asie centrale riche en hydrocarbures. — AFP/STR
Le président du Turkménistan Saparmourat Niazov, qui dirigeait cette ex-république soviétique d'Asie centrale d'une main de fer depuis 21 ans, est décédé tôt jeudi à l'âge de 66 ans d'un arrêt cardiaque, a annoncé la télévision d'Etat.

«Le président est mort d'un arrêt cardiaque à 1h10» (20h10 GMT mercredi), a annoncé la télévision avec en fond d'écran un portrait du président encadré de noir.
Une mort confirmée par des responsables du gouvernement.
Des «réunions spéciales» sont en cours au sein du gouvernement.
Des rumeurs récurrentes couraient sur l’état de santé du président Niazov, faisant état de malaise cardiaque ou de crise de diabète. En octobre, il avait lui-même indiqué prendre des médicaments trois fois par jour pour une «maladie au cœur» et il avait subi en 1997 un pontage coronarien.

Niazov, qui se faisait appeler Turkmenbachi ("Leader de tous les Turkmènes"), avait été nommé à la tête du Turkménistan en 1985 alors que cette république faisait encore partie de l'URSS.
Président à vie depuis 1999, il avait créé autour de lui et de certains membres de sa famille un culte délirant de la personnalité, fondement de son régime, l'un des plus répressifs et fermés au monde.
Toute forme d'opposition y est sévèrement réprimée. Turkmenbachi contrôlait toutes les arcanes du pouvoir, occupant aussi bien la présidence que les postes de chef de gouvernement et de dirigeant du seul parti politique autorisé.

Les observateurs craignent qu'en l'absence d'un successeur désigné, ceux qui étaient pressentis ayant été limogés ou emprisonnés, le Turkménistan ne bascule dans l'instabilité d'autant que Niazov, en établissant son régime totalitaire, a réduit à néant l'influence traditionnelle des clans turkmènes.