Une évasion relance du débat sur le voile

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La Grande-Bretagne a promis hier qu'on ne l'y prendrait plus. La révélation par le quotidien britannique The Times qu'un homme soupçonné du meurtre d'une femme policier aurait réussi à fuir le pays caché sous un voile, a provoqué de vives réactions au sein de la classe politique. Hier, Patrick Mercer, le porte-parole de l'opposition pour la sécurité intérieure, s'est dit « déçu mais pas surpris ». « Mis à part le problème culturel que cela pose, je pense que cela souligne nos besoins en matière de police des frontières », a-t-il affirmé.

Impliqué dans le meurtre d'une agent de police en 2005, Mustafa Jamma, jeune Somalien résidant en Grande-Bretagne aurait réussi à se réfugier dans son pays d'origine en décembre dernier. Il aurait passé les contrôles de sécurité de l'aéroport d'Heathrow à Londres avec le passeport de sa soeur, le visage recouvert d'un niqab, un voile qui laisse seulement apparaître les yeux.

Au-delà du débat sur la faillite des services de police, cette affaire risque de relancer la question du voile. La controverse a fait rage en octobre dernier, lorsque Aisham Azmi, une jeune institutrice, a été suspendue parce qu'elle refusait de retirer le voile intégral qu'elle portait pendant ses cours. Le débat avait alors été élargi à l'ensemble des signes religieux, dans un pays où leur port est toléré en toutes circonstances. Mais depuis les attentats du 11 Septembre 2001 et ceux du 7 juillet 2005 à Londres, il semble que le regard des Britanniques sur les musulmans ait changé.

Armelle Le Goff

L'Eglise et l'Etat ne sont pas séparés, et la religion officielle est l'Eglise d'Angleterre. Mais toutes les pratiques religieuses et culturelles sont respectées et autorisées.