Magnus Falkehed : «La Suède change de cap sur le chômage»

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Magnus Falkehed

Journaliste suédois à Paris, auteur du Modèle suédois : santé, services publics, environnement, ce qui attend les Français (Payot).

En voulant modifier le régime de l'assurance-chômage, l'Etat suédois est-il à l'aube d'une révolution ?

C'est un changement de cap. Aujourd'hui, en Suède, tous les indicateurs économiques sont au vert, mais le pays ne crée plus d'emplois. A partir de ce constat, il y a deux analyses. Ceux qui veulent pousser les gens sur le marché du travail et ceux qui considèrent que des mesures trop incitatives culpabilisent les chômeurs. Le gouvernement conservateur de Frederik Reinfeldt a été élu en faisant campagne pour la première option.

Quelles sont les mesures qui doivent être adoptées ?

La première consiste à diminuer les indemnités versées aux chômeurs. Au-delà de 300 jours sans travail, elles ne représenteront plus que 65 % de leur salaire. Les cotisations devraient aussi augmenter dans des proportions différentes selon les secteurs d'activité. Les employés de secteurs où le chômage est élevé paieront plus que les autres. Enfin, le coût du travail peu qualifié doit diminuer.

Toutes ces mesures, destinées à relancer l'emploi, sont-elles nécessaires dans un pays où seuls 4,3 % de la population active est au chômage ?

Il y a une grande bataille de chiffres. En fait, l'indicateur le plus fiable me semble être le taux d'emploi, qui n'est que de 73 %. Ce qui veut dire que presque un cinquième de la population active suédoise ne travaille pas.

Recueilli par A.L.G.