L'ONU tente de relancer les discussions de paix pour la Syrie

SYRIE Les négociations ont été interrompues plus tôt que prévu mardi à Genève...

avec AFP

— 

Vue générale de la conférence Genève II, le 22 janvier 2014 à Montreux, en Suisse.
Vue générale de la conférence Genève II, le 22 janvier 2014 à Montreux, en Suisse. — AFP PHOTO / FABRICE COFFRINI

Le médiateur de l'ONU, Lakhdar Brahimi, tentera mercredi de remettre sur les rails les négociations de paix à Genève entre régime syrien et opposition, interrompues plus tôt que prévu mardi, Damas accusant Washington de vouloir saboter les pourparlers. Mardi, malgré les efforts déployés par le médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe Lakhdar Brahimi pour le cinquième jour consécutif, le blocage est resté entier sur la question explosive de la transition politique en Syrie, pays ravagé par une guerre qui a fait en trois ans près de 130.000 morts.

La question des aides humanitaires

L'opposition a d'emblée accusé le régime de ne pas coopérer sur la question de la transition, ni sur celle des aides humanitaires, notamment pour les quartiers rebelles assiégés de Homs (centre). «C'est moi qui ai décidé l'interruption de la réunion, il ne faut pas les critiquer», a affirmé mardi Lakhdar Brahimi, qui a souhaité que ce temps accordé permette aux deux délégations de mieux préparer la réunion de mercredi matin, à 10h. «J'espère que nous aurons une meilleure session demain», a-t-il dit.

Il a réitéré qu'il ne s'agissait pas d'«une négociation facile», reconnaissant «n'avoir obtenu aucune avancée». «Nous y travaillons et en ce qui me concerne c'est déjà bien», a souligné le diplomate, ajoutant: «Personne ne part en courant, ne se retire». Selon Rima Fleyhane, membre de la délégation de l'opposition, celle-ci a présenté sa «vision» d'une «nouvelle Syrie démocratique et pluraliste», mais le «régime n'a rien présenté et refusé toute discussion».

Le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Fayçal Moqdad, a quant à lui expliqué aux journalistes que sa délégation avait présenté un communiqué, obtenu par l'AFP, qui affirme que «les États-Unis ont pris la décision de recommencer à armer les groupes terroristes en Syrie», terme utilisé par Damas pour désigner les rebelles.

Il a indiqué que l'opposition s'était refusée à condamner cette décision, rapportée par certains médias et qualifiée par le régime de «tentative directe d'empêcher toute solution politique en Syrie»

Le président Assad au cœur des discussions

Le secrétaire d'État américain John Kerry avait déclaré le 22 janvier à Montreux (Suisse) que les États-Unis cherchaient «différents moyens de pression» sur le régime de Damas, en augmentant leur aide à l'opposition syrienne. Le communiqué dit de «Genève I», adopté en juin 2012 par les grandes puissances, est au centre des discussions à Genève. Il prévoit la mise en place d'une autorité gouvernementale de transition dotée des pleins pouvoirs, ce qui pose la question du devenir du président Assad, «ligne rouge» pour l'opposition et pour le gouvernement, qui paralyse la discussion.

Urgence à Homs

Aucun progrès n'a par ailleurs été noté au niveau de l'arrivée des aides aux quartiers assiégés par l'armée à Homs, où l'opposition demande l'entrée de convois humanitaires dans ces zones où sont bloqués 3.000 personnes depuis 600 jours.