La réplique sévère d'Haniyeh à Abbas

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Le président palestinien Mahmoud Abbas et le Premier ministre issu du Hamas Ismaïl Haniyeh ont annoncé en soirée l'entrée en vigueur d'un "cessez-le-feu total", après des heurts entre le Hamas et le Fatah qui ont fait onze morts depuis samedi.  i.
Le président palestinien Mahmoud Abbas et le Premier ministre issu du Hamas Ismaïl Haniyeh ont annoncé en soirée l'entrée en vigueur d'un "cessez-le-feu total", après des heurts entre le Hamas et le Fatah qui ont fait onze morts depuis samedi. i. — Mahmoud Hams AFP

Une mise au point cinglante. Hier, Ismaël Haniyeh s'est livré à une attaque en règle de la stratégie du Président Mahmoud Abbas. Le Premier ministre, membre du parti islamiste qui a remporté les législatives de janvier 2006, n'a pas lésiné sur les mots, qualifiant de « bombe politique » la tenue d'élections anticipées annoncée samedi par Abbas. « Cet appel est anticonstitutionnel et risque de nous ramener dix ans en arrière », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre a aussi appelé ses compatriotes à ne pas recourir aux armes. « Le dialogue doit être le seul mot d'ordre », a-t-il martelé. Sur ce point, au moins, Haniyeh semble en accord avec Abbas puisque celui-ci déclarait également dans la journée que « le dialogue est le seul moyen de parvenir à nos objectifs ». Sauf qu'à Gaza, depuis samedi, l'ambiance est loin d'être au dialogue, mais plutôt à l'affrontement entre les partisans des deux camps – le Fatah d'Abbas et le Hamas d'Haniyeh. Onze Palestiniens auraient péri dans les accrochages qui ne cessent de se succéder malgré le cessez-le-feu décidé dimanche soir. Hier soir, une nouvelle trêve était décrétée dans la bande de Gaza. Cette situation dramatique est sans doute attisé par la crise économique des Territoires palestiniens. En raison du boycott de la communauté internationale pour isoler le gouvernement du Hamas, qui refuse toujours de reconnaître Israël, Gaza vit une situation de pénurie sans précédent. Au point qu'Haniyeh accusait hier les Etats-Unis d'appuyer Abbas pour obtenir la chute de son cabinet. Afin de désamorcer la crise, le roi Abdallah II de Jordanie s'est dit prêt hier à organiser une réunion entre les deux hommes. Dans la journée également, le souverain hachémite a reçu la visite surprise du Premier ministre israélien, Ehoud Olmert.

A. Le Goff