La Tunisie a une nouvelle Constitution et un gouvernement

POLITIQUE Le nouvelle Constitution a été adoptée dimanche dans la nuit...

20 Minutes avec AFP
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Le chef du gouvernement  Mehdi Jomaâ lors de l'annonce du nouveau gouvernement tunisien le 26 janvier 2014. 
Le chef du gouvernement Mehdi Jomaâ lors de l'annonce du nouveau gouvernement tunisien le 26 janvier 2014.  — SIPANY/SIPA

La nouvelle Constitution tunisienne  a été adoptée tard dimanche, un  moment historique pour le berceau du  printemps arabe auquel s'ajoute la  formation d'un gouvernement appelé à  sortir le pays d'une profonde  crise politique et à organiser des  élections dans l'année. L'Assemblée  nationale constituante (ANC) a approuvé cette loi  fondamentale à une  majorité écrasante de 200 voix pour, 12 contre et 4  abstentions,  dépassant largement la majorité nécessaire de 145 votes.

«L'Histoire retiendra avec beaucoup de fierté cette journée»,  avait  proclamé juste avant le vote le président de l'Assemblée,  Mustapha Ben  Jaafar.Les élus ont célébré l'évènement en chantant l'hymne national  brandissant des drapeaux tunisiens et les doigts en signe de victoire.  Ils ont ensuite scandé «fidèles, fidèles au sang des martyrs  de la  révolution» de janvier 2011 qui chassa Zine El Abidine Ben Ali du  pouvoir.

Une place réduite pour l'islam

L'adoption de ce texte a été saluée par le secrétaire-général des  Nations unies, Ban Ki-moon, pour qui la Tunisie vient de vivre une  «étape historique», offrant un «modèle pour les autres peuples aspirant à  des réformes». La nouvelle Constitution consacre un exécutif bicéphale  et  accorde une place réduite à l'islam. Elle introduit aussi pour la   première fois dans le monde arabe un objectif de parité homme-femme dans   les assemblées élues.

Ce compromis vise à éviter une dérive autoritaire dans un  pays qui a connu plus d'un demi-siècle de dictature, sous Habib  Bourguiba,  puis sous Ben Ali, mais aussi à rassurer ceux qui craignait  que les  islamistes n'imposent leurs positions dans un pays à forte  tradition  séculière. L'Assemblée a été élue en octobre 2011 et devait à l'origine   achever la loi fondamentale en un an, mais ses travaux ont pris un   retard considérable en raison de crises à répétition opposant notamment   les islamistes d'Ennahda majoritaires et leurs détracteurs.

«Je me sens pour la première fois réconciliée avec cette  assemblée»,  a déclaré Nadia Chaabane, député du parti Massar, opposée  aux  islamistes, en référence aux multiples controverses qui ont marqué  les  travaux de l'Assemblée constituante (ANC).

Des élections en 2014

L'adoption du texte intervient quelques heures après  l'annonce de la  composition d'un gouvernement d'indépendants devant  conduire la  Tunisie vers des élections législatives et présidentielle en 2014. Les  islamistes d'Ennahda ont en effet accepté de quitter le pouvoir pour  laisser un cabinet politique sortir la Tunisie  de la profonde crise  déclenchée par l'assassinat, attribué à la  mouvance jihadiste, du  député d'opposition Mohamed Brahmi en juillet.

Le chaos évité

Le gouvernement devra faire face à une  situation économique très  difficile, la croissance restant en berne et  le chômage très élevé  notamment en raison de l'incertitude et de  l'instabilité dans le pays  depuis 2011. Des vagues de violences,  nourries par la misère, éclatent  régulièrement. La Tunisie, berceau du Printemps arabe, a cependant  réussi jusqu'à présent à ne pas basculer dans le chaos.