La Thaïlande décrète l'état d'urgence

MONDE Pour une durée de deux mois...

20 Minutes avec AFP
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Manifestations à Bangkok en Thaïlande, le 16 janvier 2013.
Manifestations à Bangkok en Thaïlande, le 16 janvier 2013. — NICOLAS ASFOURI / AFP

  Le  gouvernement thaïlandais a annoncé mardi la mise en place de l'état  d'urgence à Bangkok et sa proche banlieue pour faire face aux  manifestations qui réclament depuis plus de deux mois la chute de la  Première ministre Yingluck Shinawatra.

En raison des manifestations et des violences, «le conseil  des ministres a décidé d'invoquer l'état d'urgence pour faire face à la  situation et faire appliquer la loi», a déclaré lors d'une conférence de  presse le vice-Premier ministre Surapong Tovichakchaikul. L'état d'urgence, qui donne plus de pouvoirs aux forces de sécurité, entrera en vigueur mercredi pour 60 jours.

Violents incidents

Cette décision intervient alors que plusieurs incidents  violents ont eu lieu ces derniers jours après plus de deux mois d'une  crise qui a fait au total neuf morts, la plupart abattus dans des  circonstances troubles, et des centaines de blessés. Des grenades et des tirs ont en particulier visé vendredi et  dimanche des manifestants, faisant un mort et des dizaines de blessés.  Les deux camps se sont rejetés mutuellement la responsabilité de ces  attaques.

Les manifestants, alliance hétéroclite des élites de Bangkok,  d'ultra-royalistes et d'habitants du Sud, réclament la tête de Yingluck  et la fin de ce qu'ils appellent le «système Thaksin», du nom de son  frère Thaksin Shinawatra, qu'ils associent à une corruption généralisée  et qu'ils accusent de gouverner par son intermédiaire depuis son exil.

L'ancien Premier ministre, qui reste le personnage central de  la politique du royaume, a été renversé en 2006 par un coup d'Etat,  engluant la Thaïlande dans  des crises politiques à répétition mettant en lumière la division du  pays entre ceux qui l'adorent et ceux qui le haïssent et le voient comme  une menace pour la monarchie.

Législatives anticipées

Pour tenter d'intensifier leur pression, les manifestants ont  lancé la semaine dernière une «opération» de paralysie de Bangkok qui  n'a pas eu l'effet escompté de forcer Yingluck à la démission et s'est  depuis essoufflée, même s'ils occupent toujours plusieurs carrefours  importants de la capitale.

Pour tenter de sortir de l'impasse, Yingluck a convoqué des  législatives anticipées pour le 2 février, mais les manifestants ne  veulent pas de ce scrutin dont le parti au pouvoir est une nouvelle fois  favori, et le principal parti d'opposition le boycotte. La Première ministre a encore répété que les élections étaient pour elle la meilleur solution pour sortir de la crise.