Centrafrique: Centrafrique: huit candidats en lice pour la présidence de transition

MONDE Le parlement centrafricain dévoile ce dimanche la liste des candidats à la présidence...

avec AFP

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Le parlement centrafricain devait dévoiler dimanche la liste des candidats à la présidence, à la veille d'un vote censé relever un pays effondré et confronté à un regain de violences ces derniers jours en province.
Le parlement centrafricain devait dévoiler dimanche la liste des candidats à la présidence, à la veille d'un vote censé relever un pays effondré et confronté à un regain de violences ces derniers jours en province. — Eric Feferberg AFP

Huit candidats s'affronteront lundi pour la présidence par intérim en Centrafrique, lors d'un vote censé relever un pays effondré et confronté à un regain de violences ces derniers jours en province.

L'élection du président par le Conseil national de transition (CNT, parlement provisoire) doit permettre de combler le vide laissé par la démission du président Michel Djotodia le 11 janvier, accusé par la communauté internationale de n'avoir rien fait pour arrêter les tueries interreligieuses.

Sur les 24 candidatures déposées, seuls huit restent en lice. Parmi les principaux candidats figurent notamment l'actuelle maire de Bangui, Catherine Samba Panza, ainsi que Sylvain Patassé et Désiré Kolingba, respectivement fils des présidents Ange-Felix Patassé, au pouvoir de 1993 à 2003, et André Kolingba, de 1985 à 1993.

Patrouilles très fréquentes

Autre personnalité retenue par le CNT, Emile Gros Raymond Nakombo, un banquier proche de l'ex-président Kolingba, qui avait reçu le soutien de plusieurs centaines de manifestants rassemblés à Bangui vendredi.

Les parlementaires avaient fixé des critères draconiens d'éligibilité excluant beaucoup de monde: les responsables politiques sous Djotodia, les chefs de partis, les militaires d'active et les membres d'une milice ou d'une rébellion armée sur ces 20 dernières années.

Parallèlement, une annonce cruciale est attendue lundi de l'Union européenne qui devrait approuver l'envoi d'au moins 500 soldats européens en Centrafrique, en soutien aux 1.600 soldats français de l'opération Sangaris et aux 4.400 de la force africaine (Misca).

A Bangui, où la nuit a été très calme, les patrouilles internationales restaient très présentes dans les rues dimanche, avec un dispositif renforcé pour désamorcer d'éventuelles tensions à l'approche de l'élection, a constaté un journaliste de l'AFP.

 

23 civils tués à Bouar

 

Le nouvel élu aura la lourde tâche de pacifier le pays, de remettre une administration totalement paralysée en état de marche et de permettre aux centaines de milliers de déplacés de rentrer chez eux.

Un mois et demi après le début de l'intervention française, la situation sécuritaire dans la capitale, où la plupart des soldats français sont stationnés, s'améliore progressivement.

Mais dans un pays grand comme une fois et demie la France, il reste très compliqué de se déployer dans les zones reculées, immense trou noir où les témoignages d'habitants et d'ONG décrivent une situation chaotique et largement hors de contrôle.

Ces derniers jours ont vu se multiplier les exactions en province, au nord et à l'ouest de Bangui, qui encore une fois sont le fait de milices chrétiennes anti-balaka (anti-machettes) ou d'ex-rebelles Séléka, au pouvoir depuis mars.