Comment l’Egypte veut redevenir une destination sûre pour les touristes français

TOURISME Le tourisme en provenance de l'Hexagone a chuté de près de 40% en 2013 sur un an...

Bertrand de Volontat

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Les sites touristiques égyptiens étaient désertés par les visiteurs étrangers en février 2011 au plus fort du «Printemps arabe».
Les sites touristiques égyptiens étaient désertés par les visiteurs étrangers en février 2011 au plus fort du «Printemps arabe». — Khalil Hamra/AP/SIPA

Du printemps arabe en 2010 à l’éviction du président Mohamed Morsi en juillet 2013, l’Egypte a perdu son aura touristique. «Depuis trois ans, la situation est un cirque», reconnaît Hisham Zaazou, ministre égyptien du tourisme, que 20 Minutes a rencontré vendredi.

Effrayés par le contexte, les touristes ont fui cette destination, jusqu’alors prisée. «C’est une catastrophe qui a coûté de l’argent aux Egyptiens et aux professionnels», explique  Georges Colson, président du syndicat national des agences de voyages (SNAV) interrogé par 20 Minutes.

L’optimisme de mise pour les mois à venir

En 2013, seuls 191.689 touristes français s’y sont rendus, contre près de 700.000 en 2010. Par rapport à 2012, la chute est de 40%, quand la moyenne européenne s’établit à -17,4%. «Le touriste français veut aller dans des endroits où il est sûr de ne pas avoir de problème», poursuit le président du SNAV.

Mais contrairement à sa dernière visite en France au mois de septembre, le ministre Zaazou se montre optimiste, annonçant, d’ici six mois, la stabilisation du pays, qui vient d’ailleurs samedi, d’approuver une nouvelle Constitution.

Désaccord sur les recommandations

Car c’est bien cette instabilité et l’insécurité qui ont poussé les touristes et les agents de voyage à tourner le dos au pays des pharaons. Sur son site, depuis mi-décembre, le ministère des affaires étrangères a néanmoins adouci ses recommandations. Il considère les excursions dans la vallée du Nil ou à Charm-el-Cheick comme «possibles en faisant preuve de vigilance». Au Caire et à Alexandrie, le Quai d’Orsay déconseille encore de se promener seul.

Une position que déplore le ministre. «Les touristes ne sont pas les cibles, c’est un conflit entre Egyptiens.» Dès septembre, un cabinet d’audit français indépendant concluait que «tous les dispositifs sont en place pour la sécurité des touristes en Egypte».  La directrice du bureau du tourisme de l’ambassade d’Egypte à Paris, Nahed Rizk, ne mâche pas ses mots envers les agences de voyage. «Nous étions la poule aux œufs d’or et nous nous sommes faits jeter du jour au lendemain, c’est inadmissible.» «L’arrêt a été brutal mais c’est aux Egyptiens de donner les gages de sécurité», rétorque Georges Colson.  

Une nouvelle campagne de séduction

Pour relancer la machine, l’Egypte a décidé de casser ses prix dans un premier temps. Puis de lancer l’offensive: Une campagne promotionnelle de deux millions d’euros en France, l’installation de caméras livestream sur les sites de tourisme pour assurer du calme des rues. Et même l’invitation de personnalités telles que la Haute représentante de l'Union européenne Catherine Ashton à Louxor, le footballeur anglais Wayne Rooney ou encore l’animateur Stéphane Bern à Assouan.Toutes les techniques de séduction sont bonnes. «Il n’y a personne, c’est le moment de venir visiter des monuments généralement bondés», assure une proche du ministre.

«L’Egypte ne peut pas être remplacée par un autre pays, c’est une belle destination mais il faudra patienter encore un peu», conclut Georges Colson.