Quand le président du Parlement européen explique l’Europe aux jeunes de banlieue parisienne

EUROPE Les présidents des parlements français et européen, Claude Bartolone et Martin Schulz ont défendu le projet de l’UE face aux lycéens de Seine-Saint-Denis. Un département où l’abstention a atteint des niveaux record en 2009....

EurActiv.fr - Cécile Barbière

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Le président du Parlement européen, Martin Schulz
Le président du Parlement européen, Martin Schulz — Y. LOGGHE / AP / SIPA

Les présidents de l’Assemblée nationale et du Parlement européen, Claude Bartolone et Martin Schulz ont expliqué aux jeunes lycéens de trois villes de Seine Saint Denis la gouvernance européenne ainsi que l’action de l’UE en faveur des jeunes, lors d’un débat organisé par le think tank EuropaNova.

Trois lycées du département participaient à l’initiative : Théodore Monod de Noisy-le-Sec, Alfred Nobel de Clichy-sous-Bois et Jean Renoir de Bondy. Dans ce département, le taux d’abstention aux dernières élections européennes en 2009 avait atteint 69 %.          

Un Parlement européen en panne de reconnaissance

«Le plus beau cadeau que l’Europe nous a fait, c’est la paix. Mais quelle Europe allons-nous laisser aux générations futures?» a demandé Claude Bartolone à une salle comble rassemblant des lycéens venus de différents établissements du département. Pour rappeler l’influence du Parlement européen, son président Martin Schulz a souligné que «70 % de la législation nationale provenait aujourd’hui d’une législation européenne».

«Le Parlement européen a comme législateur une influence énorme, mais nous avons un problème : notre responsabilité réelle ne correspond pas à la perception que les citoyens de l’Union européenne ont de nous» a déploré le président Martin Schulz. Parmi les critiques formulées par le candidat socialiste déclaré à la présidence de la Commission européenne, celle de la répartition des pouvoirs entre les institutions se situe en première ligne.

«Le Parlement européen est un des plus puissants en Europe. Mais la Commission détient le monopole de l’initiative législative et le Parlement en est privé» a regretté Martin Schulz. «Nous luttons pour que cela change, car les députés sont élus afin de proposer des lois » a-t-il poursuivi. Une bataille que les eurodéputés pourraient cette fois avoir davantage de chance de remporter face à la Commission européenne, selon l’eurodéputé allemand. « Cette fois, ce sera différent c’est le Parlement qui devra choisir le futur président de la Commission, et celui-ci devra justifier de son programme devant les parlementaires» a expliqué Martin Schulz.

La discrimination sur le tapis

Face à un public d’origine multiculturelle Claude Bartolone a rappelé que la diversité pouvait être une chance pour la France et pour l’Europe. «La question de se sentir européen à beaucoup à voir avec la question de la discrimination» a pour sa part expliqué Martin Schulz. «Aujourd’hui quand j’entends certains discours en Europe, j’ai peur» a-t-il poursuivi, faisant référence aux partis populistes en Europe et plus spécifiquement en France, en Hongrie ou en Italie.

«Si nous voulons pouvoir lutter contre la montée du populisme en Europe, il faut que l’UE réponde aux questions qui intéressent les citoyens» a affirmé Claude Bartolone. Face à la question de l’immigration de l’intégration, les deux présidents ont été interrogés à propos de ce que pouvait apporter l’UE aux lycéens de France n’ayant pas la nationalité française ou européenne.

«Nous essayons de trouver un statut adapté pour que les gens qui ne disposent pas de la nationalité d’un État membre de l’Union européenne, mais d’un droit de résidence illimité puissent profiter des mêmes avantages que n’importe quel citoyen de l’UE : libre circulation, travail dans un autre État membre, formation et échanges universitaires, etc.» a affirmé le président du Parlement.

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