Egypte: Le référendum sur la Constitution, mode d’emploi

avec AFP

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Une femme vote lors du référendum sur la Constitution, au Caire (Egypte) le 14 janvier 2014. 
Une femme vote lors du référendum sur la Constitution, au Caire (Egypte) le 14 janvier 2014.  — kyodowc102408.JPG k/NEWSCOM/SIPA

Que contient la nouvelle Constitution?

Le projet de nouvelle Constitution a été débarrassé de clauses ajoutées sous le président déchu Mohamed Morsi renforçant les devoirs religieux. Mais elle ne modifie que très marginalement les pouvoirs institutionnels, en particulier ceux du président. Elle renforce cependant ceux déjà exorbitants de l’armée.

Le texte a été rédigé par une commission nommée par le gouvernement intérimaire que le général al-Sissi, nouvel homme fort du pays, avait mis en place dès le 3 juillet après la destitution de Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, premier président civil et le seul à jamais avoir été élu démocratiquement en Egypte.

Selon les experts, le référendum sur la Constitution apparaît en réalité comme un plébiscite pour le général al-Sissi, très populaire. Ce dernier, vice-Premier ministre et ministre de la Défense, a appelé les 53 millions d'électeurs à se rendre «massivement» aux urnes et à voter «oui». Il a ajouté qu’il se présenterait à la présidentielle prévue en 2014 si le «peuple le réclame» et si l’armée soutient sa candidature.

Quelle est la position des Frères musulmans?

La confrérie, réduite à la clandestinité par l’armée, qui tient de facto les rênes du pays, a appelé à boycotter le scrutin. Elle considère que la nouvelle Constitution est un «texte illégitime, rédigé par une commission nommée par un gouvernement soutenu par les putschistes».

Comment se déroule le scrutin jusqu’à présent?

Il se déroulait globalement dans le calme mardi. Un attentat à la bombe artisanale est toutefois survenu mardi matin un tribunal du Caire, sans faire de mort ni de blessé, deux heures avant l'ouverture des bureaux de vote. Parallèlement, des affrontements entre manifestants islamistes et anti-Morsi ont fait quatre morts dans le centre et le sud du pays.

Quel est le dispositif sécuritaire?

Pour assurer la sécurité du scrutin qui se déroule sur deux jours, le gouvernement intérimaire a annoncé le déploiement de 160.000 soldats et 200.000 policiers dans le pays. Certaines organisations de défense des droits de l'Homme ont dénoncé un climat de peur et de répression.