Un an après le début de l’opération Serval, où en est le Mali?

MONDE En un an, le pays a retrouvé la stabilité politique mais reste face à d'immenses défis...

Bérénice Dubuc avec AFP

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Le 28 juillet, un soldat de l'ONU à Kidal (Mali).
Le 28 juillet, un soldat de l'ONU à Kidal (Mali). — Rebecca Blackwell/AP/SIPA

Il y a un an ce samedi débutait l’opération Serval, l'intervention militaire de la France au Mali. Contre toute attente, le Mali a aujourd’hui retrouvé la stabilité politique mais reste confronté à l'insécurité dans le Nord et à d'immenses défis, tant économiques que de réconciliation nationale.

Le 11 janvier 2013, le président français François Hollande décidait d'intervenir militairement dans ce pays de 15 millions d'habitants pour mettre un terme à l’occupation dans le Nord par des groupes islamistes armés liés à Al-Qaida qui menaçaient d'avancer vers le Sud et Bamako, la capitale.

Pari politique réussi

Les forces françaises, associant une armée malienne en déroute, ont repris en moins d'un mois les trois grandes villes du Nord occupées par les djihadistes -Gao, Tombouctou et Kidal. Puis, le pari insensé pour beaucoup de tenir des élections dès juillet a été tenu: elles ont eu lieu dans le calme (en juillet-août pour la présidentielle et en novembre-décembre pour les législatives) et ont été jugées libres et transparentes par les observateurs internationaux.

«Sur le plan institutionnel, tout va bien», selon Souleymane Drabo, analyste politique et éditorialiste au quotidien national L'Essor, qui souligne cependant que «sur le plan sécuritaire, les choses sont plus mitigées». Estimant que «l'essentiel de la mission a été accompli» et qu’elle «est en train de s'achever», François Hollande a annoncé mercredi que l'effectif français au Mali sera ramené de 2.500 hommes aujourd'hui à 1.600 mi-février.

Relancer l'économie et réussir la réconciliation

Mais, en dépit de l'intervention française et des Casques bleus de l'ONU, le nord du pays n’est pas totalement pacifié. «Si globalement, la sécurité est en grande partie rétablie dans les régions de Tombouctou et de Gao, il y a encore des activités terroristes sporadiques qui y ont lieu», tandis que Kidal est devenue «une zone de non-droit», à la merci de «bandes armées incontrôlées» mêlant indépendantistes touareg, islamistes et autres criminels.

Outre ces questions de sécurité, le président Ibrahim Boubacar Keïta et son gouvernement doivent remettre sur les rails l'économie, ravagée par deux années de crise et qui tarde à redémarrer, réussir la réconciliation et le pari de la paix avec la rébellion touareg, un temps alliée aux groupes djihadistes dans le Nord, et faire entrer dans les moeurs les principes de bonne gouvernance dans ce pays où la corruption, ancienne, est pratiquée à tous les niveaux.