Insultée sur Facebook pour avoir défendu les expériences sur les animaux

MONDE Une jeune Italienne gravement malade a reçu de nombreuses insultes après avoir défendu, sur Facebook, les expériences médicales sur les animaux...

Anne-Laëtitia Béraud avec AFP

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Capture d'écran d'une vidéo de Catarina Simonsen, une jeune Italienne gravement malade.
Capture d'écran d'une vidéo de Catarina Simonsen, une jeune Italienne gravement malade. — Capture d'écran 20 Minutes

Un message posté sur Facebook lui aura valu des centaines d’insultes, des souhaits de mort et une polémique nationale. Une étudiante italienne gravement malade qui a défendu sur Facebook les expériences sur les animaux pour faire avancer la recherche médicale, sans lesquels elle serait «morte à 9 ans», a créé involontairement une polémique, rapporte le Corriere della Sera samedi.

Caterina Simonsen, qui souffre de quatre pathologies génétiques rares, a posté le message suivant le 21 décembre: «Moi, Caterina S., j'ai 25 ans, je remercie la vraie recherche, qui inclut l'expérimentation animale. Sans la recherche, je serais morte à 9 ans». Si ce «post» a reçu 13.000 «j’aime», il a également suscité une pluie d’insultes et des souhaits de la voir mourir de la part de défenseurs de la cause animale.

Prises de position de politiques

Ces insultes ont poussé la jeune femme, qui multiplie les séjours en réanimation, à s’expliquer: «Ma seule ‘faute’, c'est d'avoir voulu vous faire voir comme on vit avec mes maladies», et «sans avoir tué personne directement pour me soigner», a-t-elle plaidé. Elle a ensuite posté deux vidéos de sa chambre d’hôpital, le visage caché par un masque à oxygène, pour s’expliquer.

>> La vidéo de la jeune femme, en italien


Plusieurs responsables politiques ont pris la défense de la jeune femme. Sur Twitter, le hashtag (mot-dièse) #iostoconcaterina (Je suis avec Caterina) faisait toujours partie dimanche des dix «top tweets» en Italie.

La Stampa, dans un éditorial intitulé «Caterina est vivante», dénonçait cette «lapidation virtuelle»: «Je n'accepte pas que pour défendre les animaux, on en vienne à devenir inhumains», écrit Massimiliano Gramellini.

Alors que dans le Corriere della Sera, barré en Une d'une photo de la jeune femme souriante, son hamster dans les mains, le philosophe Felice Cimatti affirmait: «Il est inutile de se préoccuper pour des poulets élevés en batterie si on n'est pas capable d'éprouver de l'empathie pour une jeune femme qui vit grâce à une machine».