Espagne: Le gouvernement adopte un texte limitant fortement l'avortement

MONDE Le gouvernement est revenu à la loi de 1985...

20 Minutes avec AFP
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Plusieurs dizaines de milliers de manifestants anti-avortement défilaient dimanche à la mi-journée à Madrid pour protester contre un projet du gouvernement socialiste espagnol de libéraliser l'avortement, a constaté un journaliste de l'AFP.
Plusieurs dizaines de milliers de manifestants anti-avortement défilaient dimanche à la mi-journée à Madrid pour protester contre un projet du gouvernement socialiste espagnol de libéraliser l'avortement, a constaté un journaliste de l'AFP. — Pierre-Philippe Marcou AFP

Le gouvernement conservateur espagnol a adopté vendredi un projet de  loi limitant fortement l'avortement  et revenant à un système similaire à  celui de 1985, en dépit de  l'opposition des féministes et de la gauche  qui dénoncent un «retour en  arrière de 30 ans».

Cette future loi, qui devrait être approuvée au Parlement où  le  Parti populaire détient la majorité absolue, annule une loi de   l'ex-gouvernement socialiste de 2010 qui autorisait l'avortement jusqu'à  14 semaines et jusqu'à 22 semaines en cas de malformation du foetus.

Elle fixe «deux conditions pour autoriser l'avortement:  la première,  que celui-ci soit nécessaire en raison d'un grave danger  pour la vie  ou la santé physique ou psychologique de la femme, et la  deuxième, que  la grossesse soit une conséquence d'un délit contre la  liberté ou  l'intégrité sexuelle de la femme», a expliqué le ministre de  la  Justice, Alberto Ruiz-Gallardon, à l'issue du Conseil des ministres.

Une promesse de campagne

En dehors de ces conditions, il ne sera pas possible  d'avorter,  selon ce texte qui impose aussi une autorisation parentale  pour les  mineures.

Le gouvernement de droite revient donc, dans les grandes lignes, à la  loi de 1985, même s'il ne fait plus de l'avortement un crime passible  de prison.

Promesse de campagne en 2011 du chef conservateur espagnol  Mariano  Rajoy mais retardé depuis, ce projet de loi a d'ores et déjà été   dénoncé par les féministes et la gauche qui dénoncent un «retour en   arrière de 30 ans».

Plusieurs députées de gauche ont ainsi signé mardi un «pacte  pour le  droit à l'interruption volontaire de grossesse» émanant d'un  collectif  de 200 associations de femmes, appelant les députées du PP à  les  rejoindre.

«Un  retour  en arrière à la situation des années 1980»

Le président de la Fédération du planning familial, Luis  Enrique  Sanchez, a lui affirmé que la future loi pourrait signifier «un  retour  en arrière à la situation des années 1980, avec des femmes  espagnoles  qui vont en France ou en Angleterre» pour avorter  lorsqu'elles en ont  les moyens.

Un total de 118.359 IVG ont été enregistrées en Espagne en 2011, après 113.031 en 2010.

La quasi-totalité des pays d'Europe autorisent l'avortement.

Selon une étude de l'institut Metroscopia publiée en mai dans  le  journal El Pais (gauche), 46% des Espagnols sont favorables au  maintien  de la loi de 2010 contre 41% en faveur de la limitation de  l'avortement.