La Belgique exclut les animaux sauvages de ses cirques

Vincent Vantighem

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Répétition des fauves pour le spectacle Symphonik du cirque Gruss
Répétition des fauves pour le spectacle Symphonik du cirque Gruss — S.ORTOLA/20MINUTES

Voilà qui ne devrait pas faire rugir de plaisir les amateurs belges de cirque traditionnel. Le parlement du plat pays a adopté, mercredi soir, à une très large majorité une loi interdisant aux animaux sauvages, comme les lions, les tigres ou les éléphants, de se produire dans les cirques. Malgré l’opposition des professionnels du secteur, cette loi devrait entrer en vigueur «en février ou mars», a précisé le cabinet de la ministre socialiste de la Santé, Laurette Onkelinx.

Les furets, oui ; les lions, non

D’ici là, un arrêté fixant précisément les noms des espèces autorisées à se produire doit être rédigée. Interrogé sur ce sujet en juillet dernier, le gouvernement avait indiqué à l’époque que les animaux domestiques tels que «bovins, buffles, porcs, lamas, dromadaires, chameaux, furets, lapins, chiens, chats, pigeons, oies, gallinacés, perroquets, perruches, canards, chevaux, ânes, poneys, moutons et chèvres» seraient les seuls autorisés dans les «cirques et les expositions itinérantes».

La Belgique sur les traces de l'Autriche

En votant cette loi, la Belgique rejoint l'Autriche, qui interdit déjà les animaux sauvages, et d'autres pays européens où une interdiction partielle existe (Allemagne, Hongrie, Danemark, Suède). La mesure, qui concerne également les cirques étrangers souhaitant se produire en Belgique, a été prise à la suite d'une enquête réalisée en 2011 qui avait révélé la difficulté de garantir le bien-être des animaux.

«Ils se reproduisent mieux que dans les zoos»

«Le manque d'espace, l'absence de possibilité de baignade pour certaines espèces ou de congénères pour les espèces grégaires, ainsi que le non-respect des exigences de température, notamment dans les camions», avaient été critiqués par le Conseil du bien-être des animaux, un organe consultatif créé en 2009.

«Ces animaux sont la base du cirque traditionnel», s'était défendu Maurice Agnessen, responsable d'un festival de cirque, arguant que dans les cirques, «ils sont régulièrement en mouvement, s'amusent et se reproduisent même mieux que dans les zoos».