Syrie: MSF appelle à accroître l'aide transitant par les pays voisins

AIDE Dans une lettre ouverte envoyée ce mercredi à un groupe de pays qui examinera la question de l'aide aux Syriens aux Nations unies à Genève, l'ONG s'inquiète que l'aide ne parvienne quasiment pas dans les zones contrôlées par l'opposition...

B.D. avec AFP

— 

Zone bombardée dans la province de Idlib en Syrie.
Zone bombardée dans la province de Idlib en Syrie. — Uncredited/AP/SIPA

L'ONG Médecins sans frontières demande d'accroître «de toute urgence» l'aide humanitaire transitant par les frontières de la Syrie dans une lettre ouverte envoyée ce mercredi à un groupe de pays qui examinera la question de l'aide aux Syriens aux Nations unies à Genève. La «quasi-totalité de l'aide est acheminée via la capitale syrienne» et ne parvient quasiment pas dans les zones contrôlées par l'opposition, décrit MSF dans ce courrier adressé au «Groupe de Haut Niveau sur la Syrie» qui se réunira jeudi à Genève afin d'élaborer des recommandations visant à faciliter l'acheminement de l'aide en Syrie.

Dans les quartiers assiégés de Homs et de la Ghouta, «où survivent 200.000 personnes», les habitants reçoivent «peu ou pas d'assistance depuis plusieurs mois». «Quant aux cinq à sept millions de Syriens vivant dans les territoires rebelles adossés aux frontières des pays voisins, ils ne reçoivent de Damas aucune aide médicale et très peu de secours matériel», poursuit l'ONG.

«Difficultés croissantes» des ONG

«Alors que les besoins augmentent de jour en jour, le maigre filet d'assistance frontalière qui parvient aux populations des zones d'opposition risque de se tarir. Les quelques ONG internationales présentes font face à des difficultés croissantes pour acheminer des équipes et du matériel à travers les frontières», écrit l'ONG, qui intervient auprès des victimes du conflit depuis avril 2011. «Quant aux agences des Nations unies, elles semblent avoir renoncé à négocier un accès transfrontalier aux populations vivant en zone d'opposition», déplore MSF.

L'ONG demande «de toute urgence de soutenir les efforts de toutes les organisations humanitaires, qu'elles interviennent depuis Damas ou depuis les pays limitrophes», comme la Turquie, et d'encourager les pays voisins «à faciliter l'acheminement d'équipes et de matériel humanitaire à travers leurs frontières». Elle enjoint aussi le groupe de travail à «inciter les agences des Nations unies à faire plus pour les populations vivant en zone d'opposition, ne serait-ce qu'en mettant à disposition, aux frontières de la Syrie, des stocks de nourriture, de médicaments, de tentes hivernales, de couvertures et d'autres biens de première nécessité».