Egypte: Le président destitué Morsi sera jugé pour «espionnage»

MONDE Le président islamiste, détenu depuis sa destitution le 3 juillet, est déjà poursuivi pour complicité de meurtres de manifestants...

B.D. avec AFP

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Le président égyptien, Mohamed Morsi, le 13 juin 2012.
Le président égyptien, Mohamed Morsi, le 13 juin 2012. — LEVINE/SIPA

Le président islamiste Mohamed Morsi destitué par l'armée début juillet et actuellement jugé pour la mort de manifestants, comparaîtra également pour «espionnage» en vue de mener des «actions terroristes», rapporte ce mercredi l'agence officielle Mena.

A ses côtés comparaîtront également 335 autres personnes, notamment des hauts cadres de sa confrérie des Frères musulmans, dont le Guide suprême Mohamed Badie, et des responsables sous sa présidence. Tous doivent répondre d'«espionnage au profit d'organisations étrangères en vue de commettre des actions terroristes dans le pays», détaille l'agence, ainsi que de «divulgation d'informations classées secret-défense à un pays étranger», de «financement du terrorisme» et d'«atteinte à l'intégrité territoriale».

En juillet, la justice avait interrogé Mohamed Morsi sur les circonstances de son évasion de la prison de Wadi Natroun (nord-ouest du Caire) début 2011, pendant la révolte qui a chassé du pouvoir Hosni Moubarak. Il a été accusé d'avoir bénéficié pour cette évasion de l'aide de groupes étrangers comme le Hezbollah libanais ou le Hamas, mouvement islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza, frontalière de l'Egypte.

Violences

Certains accusés, dont Essam Haddad, bras droit de Mohamed Morsi durant sa présidence, doivent également répondre de la divulgation de secrets d'Etat aux Gardiens de la révolution, troupe d'élite iranienne. Le Parquet accuse également les Frères musulmans d'être impliquée dans la multiplication des attaques depuis la destitution du premier président élu démocratiquement du pays, notamment dans le Nord-Sinaï. Plusieurs de ces attaques, qui ont tué des dizaines de policiers et de soldats, ont été revendiquées par des groupes disant s'inspirer d'Al-Qaïda et n'ayant pas de lien connu avec les Frères musulmans.

Le Parquet affirme toutefois que ces attentats ont été menés pour favoriser "le retour du président destitué et replacer l'Egypte sous la coupe des Frères musulmans". M. Morsi --auquel des millions de manifestants ont reproché de ne pas avoir su gérer le pays et de n'avoir servi que les intérêts de sa confrérie-- a été destitué le 3 juillet par l'armée. Depuis, ses partisans manifestent quasi-quotidiennement, bravant une répression qui a fait plus d'un millier de morts depuis le début de l'été et des milliers d'arrestations dans les rangs des islamistes.

Mohamed Morsi -auquel des millions de manifestants ont reproché de ne pas avoir su gérer le pays et de n'avoir servi que les intérêts de sa confrérie- a été destitué le 3 juillet par l'armée après des manifestations massives réclamant son départ. Depuis, ses partisans manifestent quasi-quotidiennement, bravant une répression qui a fait plus d'un millier de morts depuis le début de l'été et des milliers d'arrestations dans les rangs des islamistes. Son procès pour complicité de meurtres de manifestants doit reprendre le 8 janvier.