71 journalistes tués et 87 enlevés en 2013, selon RSF

JOURNALISME En 2013, le bilan est en «légère baisse» (-20%), mais reste à «un niveau élevé», selon RSF...

B.D. avec AFP

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Les cercueils des deux journalistes exécutés au Mali à l'aéroport de Bamako, le 4 noveambre 2013.
Les cercueils des deux journalistes exécutés au Mali à l'aéroport de Bamako, le 4 noveambre 2013. — Harouna Traore/AP/SIPA

En 2013, 71 journalistes ont été tués dans l'exercice de leurs fonctions, un chiffre moins élevé qu'en 2012, mais qui s'accompagne d'une augmentation "importante" des enlèvements (87), selon le bilan annuel de Reporters sans frontières (RSF). L'année dernière avait été marquée par un chiffre record de tués (88). En 2013, le bilan est en «légère baisse» (-20%), mais reste à «un niveau élevé», selon RSF.

«La Syrie, la Somalie et le Pakistan confortent leur position parmi les cinq pays les plus meurtriers pour la profession», indique RSF mercredi dans son bilan annuel des violations de la liberté de l'information. «Ils sont rejoints cette année par l'Inde et les Philippines, qui supplantent le Mexique et le Brésil.» Parmi les journalistes tués cette année, quatre sur dix ont été victimes de conflits, souligne RSF: en Syrie, en Somalie, au Mali, dans les provinces de Chhattisgarh (Inde), du Balouchistan (Pakistan) et du Daghestan (Russie).

Les autres ont été victimes de la couverture d'attentats, ou assassinés par des groupes liés au crime organisé, des milices islamistes, par des forces de l'ordre ou sur ordre d'officiels corrompus, ajoute RSF. Les 71 journalistes tués en 2013 étaient en majorité issus de la presse écrite (37%), de la radio (30%), de la TV (30%). 3% étaient issus de plateformes d'information en ligne. Ils étaient de sexe masculin pour l'immense majorité d'entre eux (96%). RSF souligne que l'année 2013 a été marquée par une forte augmentation du nombre de journalistes enlevés: 87 contre 38 en 2012.

«Au moins 178 journalistes sont emprisonnés à ce jour»

«L'immense majorité des cas répertoriés concerne le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord (71), suivis de l'Afrique sub-saharienne (11). 49 journalistes ont été enlevés en Syrie en 2013 et 14 en Libye. Par ailleurs, selon RSF, «au moins 178 journalistes sont emprisonnés à ce jour» dans le monde. «La Chine, l'Erythrée, la Turquie, l'Iran et la Syrie demeurent, comme en 2012, les cinq principaux geôliers du monde pour les journalistes», souligne RSF.

De son côté, le Comité pour la protection des journalistes, ONG basée à New York, a souligné mardi que pour la deuxième année consécutive, la Turquie est le pays qui emprisonne le plus les journalistes, suivie de près par l'Iran et la Chine. Dans ces trois pays se trouve plus de la moitié des 211 reporters détenus dans le monde en 2013, signale l'ONG, dont le bilan affiche des chiffres différents de ceux de RSF.

Au Vietnam, le nombre des journalistes en prison est passé de 14 en 2012 à 18 actuellement, dans la foulée d'une vague répressive visant les blogueurs. «Il est préoccupant de voir le nombre de journalistes emprisonnés au Vietnam et en Egypte augmenter», a déclaré le directeur du CPJ, Joel Simon. «Mais il est vraiment choquant que la Turquie soit le pays qui emprisonne le plus de journalistes pour la deuxième année consécutive.» Une trentaine de reporters étrangers ont été enlevés en Syrie depuis le début de la guerre, dont les Américains Austin Tice et James Foley, et les Français Didier François, Edouard Elias, Nicolas Hénin et Pierre Torrès, précise l'ONG.