Pinochet: en France, le procès aura bien lieu

D'après AFP

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L'ancien dictateur chilien, le général Augusto Pinochet, est mort dimanche à Santiago à l'âge de 91 ans et son décès survenu, le jour où l'on célèbre internationalement les droits de l'Homme, tourne une page noire de l'histoire du Chili auquel il a imposé l'un des régimes militaires les plus répressifs d'Amérique latine.
L'ancien dictateur chilien, le général Augusto Pinochet, est mort dimanche à Santiago à l'âge de 91 ans et son décès survenu, le jour où l'on célèbre internationalement les droits de l'Homme, tourne une page noire de l'histoire du Chili auquel il a imposé l'un des régimes militaires les plus répressifs d'Amérique latine. — David Lillo AFP/Archives

Lui a échappé à la justice, sa dictature non. La juge chargée de l'enquête sur la disparition de quatre Français au Chili entre 1973 et 1975 a clôturé le 5 décembre son dossier où dix-sept militaires sont mis en examen, ouvrant la voie à un procès de la dictature du général Pinochet.

Si la mort de Pinochet entraîne l'extinction des poursuites le concernant, un procès par contumace (aucun des accusés ne devrait être présent) pourrait tout de même se tenir au plus tôt en 2008. «Le procès de la dictature chilienne aura bien lieu à Paris et ce sera le seul au monde, a expliqué Me William Bourdon, l’un des avocats des familles des victimes. Et ce sont les investigations françaises qui auront permis ce procès pour l'histoire et la mémoire.»

«Il reste très important pour les victimes que la justice dise ce que Pinochet a fait, ordonné, quelle que soit la nationalité de cette justice, qu'elle dise que c'était un criminel contre l'humanité», a ajouté un autre avocat, Me Clément.

Les accusés sont soupçonnés d'avoir participé à la disparition de Georges Klein, conseiller politique au cabinet du président Salvador Allende, Etienne Pesle, un ancien prêtre, Alphonse Chanfreau et Jean-Yves Claudet-Fernandez, deux membres du Mouvement de la gauche révolutionnaire. Entendus au Chili, la plupart d’entre eux ont refusé de s'expliquer, mais la justice française s’appuie sur des témoignages de prisonniers qui ont survécu ou de militaires repentis. Elle s’appuie aussi sur des enquêtes réalisées au Chili, notamment le rapport «Rettig» (1991) sur «les disparitions forcées», le rapport «Valech» (2004) sur les tortures, et des investigations sur les disparus et leurs tortionnaires.