Levée de l'embargo brésilien sur le roquefort au premier jour de la visite de Hollande

IMPORTATIONS Depuis 2010, le réputé fromage de brebis français n'était plus le bienvenu sur les tables brésiliennes...

avec AFP

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Cave de Roquefort à Roquefort-sur-Soulzon, en 2009.
Cave de Roquefort à Roquefort-sur-Soulzon, en 2009. — DAMOURETTE/SIPA

Ça ne mange pas de pain. Le ministre français de l'Agriculture Guillaume Garot a annoncé jeudi à Brasilia que le Brésil venait de lever l'embargo sur le roquefort, à l'occasion de la visite d'État du président François Hollande.

Depuis 2010, le réputé fromage de brebis français n'était plus le bienvenu sur les tables brésiliennes. «Il a fallu deux ans de bataille pour lever cet l'embargo. Depuis ce matin, c'est chose faite. Le ministre brésilien de l'Agriculture (Antonio Andrade) a donné son accord», s'est félicité Guillaume Garot.

Cette décision prend effet immédiatement puisque «le certificat sanitaire nécessaire à l'importation du roquefort a été signé aujourd'hui (jeudi)» par les autorités brésiliennes, a-t-il précisé.

Consensus technique

Cette autorisation d'exporter de nouveau le roquefort laisse augurer un nouvel élan dans les relations agricoles et agroalimentaires entre la France et le Brésil, selon le souhait exprimé par le président Hollande, a souligné un bref communiqué du ministère de l'Agriculture. Côté brésilien, on s'est félicité également.

«On est arrivé à un consensus technique; les discussions entre techniciens des deux pays se sont déroulées de façon très profitable», a déclaré à l'AFP Clovis Serafini, coordinateur des certificats de produits d'origine animale du ministère brésilien de l'Agriculture.

Selon lui, «il existait une discussion technique entre Brésiliens et Français pour arriver à un consensus sur des questions liées au côté sanitaire comme la température de maturation du fromage, comment le gouvernement français contrôle le lait cru et l'animal», par exemple.

Arrangement administratif agricole entre les deux pays

Clovis Serafini a dit que le certificat sanitaire pour le roquefort avait subitement cessé d'être conforme à la législation brésilienne, que la description du produit avait changé et qu'il avait fallu engager ces discussions.

La France et le Brésil ont par ailleurs signé jeudi à Brasilia, le premier arrangement administratif dans le domaine agricole, a indiqué également le ministère de l'Agriculture dans son communiqué. Il s'agissait de la principale pierre d'achoppement dans les discussions pour l'accord de libre échange entre l'Union Européenne et le Mercosur.

«Cela permettra aux deux pays d'avancer ensemble dans une coopération renforcée sur les politiques agricoles, les dossiers sanitaires et phytosanitaires, l'enseignement et la recherche agricoles», souligne le ministère.

La première réunion opérationnelle de cet arrangement se déroulera au 1er trimestre 2014.