Ukraine: Vladimir Poutine rejette la responsabilité sur les gouvernants ukrainiens

MONDE Lors d'un long discours, le président russe est revenu sur les manifestations qui se déroulent à Kiev...

M. Go. avec AFP

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Vladimir Poutine au Kremlin le 23 octobre 2013.
Vladimir Poutine au Kremlin le 23 octobre 2013. — Alexander Zemlianichenko/AP/SIPA

Du Kremlin, Vladimir Poutine observe avec attention les manifestations pro-européennes (et anti-Russie). Et le président russe a tenté de rassurer les Ukrainiens inquiets de la participation de leur pays à une union douanière avec leur puissant voisin. «Nous n'imposons rien à personne, mais si nos amis le souhaitent, nous sommes prêts à poursuivre le travail en commun», a déclaré Poutine.

Dans ce discours, le président a tenté de rassurer les Ukrainiens inquiets par l'influence russe tout en rejetant la responsabilité sur les gouvernants ukrainiens. Poutine a ainsi insisté sur le fait que que l'Ukraine avait émis d'elle-même le souhait cette année «d'assister à toutes les rencontres de la troïka (Russie-Bélarus-Kazakhstan) en qualité d'observateur». Et, selon lui, ce choix a été fait avant même de renoncer dernièrement à un accord d'association qui était en préparation avec l'Union européenne. Il a souligné que l'Arménie et le Kirghizstan étaient sur le point d'intégrer l'union douanière. «Notre projet d'intégration est fondé sur un principe d'égalité et sur des intérêts économiques réels», a-t-il ajouté.

La Russie a-t-elle contraint l'Ukraine?

Pourtant, dselon de nombreux observateurs, les dirigeants russes n'ont eu de cesse ces derniers mois de dissuader l'Ukraine de signer un accord d'association avec l'UE, affirmant qu'il n'était pas dans l'intérêt économique du pays et qu'il entraînerait des pertes se chiffrant en milliards de dollars. Poutine a enfin défendu le projet qu'il a initié au delà de l'Union douanière, celui d'une Union économique eurasiatique rassemblant, autour de Moscou, des pays de l'ex-URSS.

«Nous comptons achever d'ici au 1er mai 2014 la mise au point du texte du traité qui sera remis aux Parlements russe, bélarusse et kazakh», a-t-il déclaré. «Nous allons faire avancer le projet eurasiatique, sans l'opposer à d'autres projets d'intégration, y compris naturellement à (...) celui de l'Europe», a-t-il conclu. Les Européens ont accusé ces dernières semaines la Russie d'avoir contraint l'Ukraine, sous la pression économique, à renoncer à son association avec l'UE. L'opposition ukrainienne, qui maintient depuis la fin novembre une mobilisation sans précédent depuis la révolution orange de 2004, accuse le président Viktor Ianoukovitch de vouloir désormais «vendre» le pays à la Russie.