François Hollande en visite au Brésil, partenaire économique privilégié

DÉCRYPTAGE u Brésil, le chef de l’Etat entend «conforter le partenariat stratégique» entre les deux pays, amis et voisins...

Bérénice Dubuc
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Le président François Hollande (G) et la présidente du Brésil Dilma Rousseff trinquent lors d'un dîner d'Etat à l'Elysée le 11 décembre 2012.
Le président François Hollande (G) et la présidente du Brésil Dilma Rousseff trinquent lors d'un dîner d'Etat à l'Elysée le 11 décembre 2012. — AFP PHOTO / POOL / MICHEL EULER

Un an tout juste après la venue de la présidente brésilienne, Dilma Roussef, à Paris, François Hollande entame à son tour une visite d'Etat au Brésil ce jeudi et vendredi. Un déplacement qui doit emmener le chef de l’Etat à Brasilia et Sao Paulo, et qui vise à «conforter le partenariat stratégique» entre les deux pays.

La France est en effet le cinquième investisseur étranger (en stock) au Brésil, où 5 à 600 entreprises françaises sont implantées. Et l'Elysée se félicite d'«une pente ascendante» dans les échanges commerciaux et les investissements entre les deux pays.  «La première puissance économique de l'Amérique latine est importante pour la France car, selon la façon dont on compte, c’est le cinquième ou sixième pays le plus riche du monde, et le prochain pays qu’il va dépasser, c’est la France», ajoute Hervé Théry, géographe, directeur de recherche au CNRS-Creda et professeur invité à  l’université de Sao Paulo.

Contrats

Pour renforcer ces relations déjà fructueuses, François Hollande emmène donc avec lui une délégation de chefs d’entreprises, et plusieurs contrats doivent être signés à l'occasion de ce déplacement. Mais, même si le PDG de Dassault-aviation, Eric Trappier, fera partie de la délégation de chefs d'entreprises accompagnant François Hollande, le dossier du Rafale ne devrait pas connaître d’avancées majeures, Paris ne souhaitant pas brusquer Brasilia.

«Le dossier remonte à 1998, alors que Fernando Henrique Cardoso était en fonctions. Il a repassé la patate chaude à Lula, puis à Dilma Rousseff, rappelle Hervé Théry. Les avions de combat ne sont pas un besoin pour le Brésil, même si cela fait partie des attributs qu’on s’attend à voir chez une grande puissance. En revanche, ayant découvert des réserves de pétrole ces dernières années, qu’il doit protéger, le gouvernement brésilien a signé fin 2009 avec la France un gros contrat pour des sous-marins.»

Enfin, «il y a également un intérêt de la France tout géographique pour le Brésil, puisque nous sommes voisins», rappelle Hervé Théry. La plus longue frontière française se trouve en effet au nord de l’Amérique du Sud, le long des quelque 730 kilomètres que le Brésil partage avec la Guyane. François Hollande la traversera d’ailleurs vendredi pour sa première visite présidentielle en Outre-mer.