Thaïlande: La mobilisation contre le gouvernement ne faiblit pas

C.B. avec AFP

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Des manifestants anti-gouvernement le 30 novembre 2013 à Bangkok (Thaïlande).
Des manifestants anti-gouvernement le 30 novembre 2013 à Bangkok (Thaïlande). — Wanichakorn/AP/SIPA

Depuis un mois, les manifestations agitent presque chaque jour la Thaïlande. Le 86e anniversaire du roi Bhumibol, considéré comme un demi-dieu par nombre de Thaïlandais, a permis quelques jours de trêve début décembre, mais le conflit est reparti de plus belle. 20 Minutes fait le point.

Où en est le conflit?

La Première ministre thaïlandaise, Yingluck Shinawatra, a proposé ce lundi matin de dissoudre le Parlement et d’organiser des élections anticipées pour «laisser le peuple décider». Un discours qui ne calme pas les manifestants: au moins 100.000 personnes marchent ce lundi sur le siège du gouvernement.

Qui manifeste?

Les «chemises jaunes», c’est-à-dire les élites de Bangkok mais aussi les groupes ultra-royalistes, qui veulent renverser le pouvoir en place. Un pouvoir qui est au contraire soutenu par les «chemises rouges», alliance de paysans et d’urbains défavorisés.

Que veulent les chemises jaunes?

La fin du «système Thaksin», en référence au Premier ministre renversé par un coup d'Etat en 2006. Les chemises jaunes l’accusent d’être resté aux manettes du pays à travers sa sœur, qui n’est autre que Yingluck Shinawatra, la Première ministre, dont les manifestants réclament la démission.

«Thaksin a un côté Silvio Berlusconi dans le sens du populo-nationaliste, anti-moderniste et magouilleur. Les forces vives du pays sont descendues dans la rue pour chasser le système Thaksin, son clientélisme. Toute la famille Shinawatra est visiblement corrompue», analysait récemment pour 20 Minutes Jean-Vincent Brisset, directeur de recherche à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris).

Pourquoi ces manifestations maintenant?

Tout a commencé le 31 octobre, avec la présentation d’un projet de loi qui aurait permis, d’après les détracteurs de Thaksin, le retour de ce dernier, actuellement en exil pour échapper à la prison pour malversations financières. Le Sénat a rejeté ce texte le 11 novembre.

Pour Jean-Vincent Brisset, «les forces vives du pays sont démocratiquement minoritaires, mais économiquement fortes. On assiste à l’opposition entre un conservatisme socialisant [les chemises rouges] et un modernisme libéral [les chemises jaunes]». Ces divisions profondes de la société avaient été mises en lumière lors de la crise du printemps 2010, qui avait fait quelque 90 morts et 1.900 blessés.