Centrafrique: Les militaires français accueillis à bras ouverts à Bouar

J. C. avec AFP

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Un véhicule blindé de l'armée française patrouillant dans les rues de Bangui le 6 décembre 2013.
Un véhicule blindé de l'armée française patrouillant dans les rues de Bangui le 6 décembre 2013. — SIA KAMBOU / AFP

«Entrez comme chez vous!» Une colonne de l'armée française, premiers renforts terrestres de l'opération «Sangaris» en Centrafrique, a fait samedi une entrée triomphale dans la ville de Bouar, centre névralgique dans l'ouest du pays. Des centaines de personnes en liesse ont accueilli la colonne française d'environ 200 militaires, arrivés en provenance du Cameroun, et salués à grand cris comme des «libérateurs».

«Sauvez nous!»

Massés sur le bord de la route, femmes et enfants sautaient de joie en dansant, ou feignaient de balayer la route avec des branches en signe de bienvenue sur le passage des Français. Les hommes brandissaient le poing en signe de victoire et applaudissaient. «Sauvez nous! On a trop souffert!», s'égosillait Cédric, un adolescent, alors que les habitants espèrent la fin des exactions de l'ex-rébellion Séléka (au pouvoir) avec l'arrivée des soldats français.

Les combattants de la Séléka sont eux restés dans leur caserne et ont observé, impassibles et l'arme au pied, le passage des Français, a-t-on constaté. Venue par la route du Cameroun, la colonne française de camions et véhicules blindés, forte d'environ 200 soldats, a traversé la frontière dans la matinée à hauteur de localité de Cantonnier (ouest).

Près de 800 soldats français étaient déjà présents en Centrafrique, à Bangui, dans le cadre de l'opération «Sangaris» (du nom d'un papillon rouge local), officiellement déclenchée jeudi soir après le feu vert de l'ONU.

Environ 1.200 hommes prévus

Un contingent d'environ 350 hommes avait été débarqué la semaine dernière au Cameroun, en prévision d'une entrée par la route dans l'ouest de la Centrafrique. Le dispositif français, déployé en soutien à une force africaine sur place, devrait compter à terme environ 1.200 hommes, selon Paris.

A environ 250 kilomètres au nord-ouest de Bangui, la ville de Bouar fut longtemps l'une des principales bases militaires françaises en Afrique. Bouar est également située à moins de 200 km Bossangoa (nord-ouest), théâtre ces dernières semaines de violences à grande échelle entre combattants Séléka et les populations locales, très majoritairement chrétiennes.