EN DIRECT. Près d'un millier de soldats français étaient déployés vendredi soir en Centrafrique

A. D., avec AFP

— 

Des soldats centrafricains patrouillent dans la ville de Bangui, le 5 décembre 2013.
Des soldats centrafricains patrouillent dans la ville de Bangui, le 5 décembre 2013. — SIA KAMBOU / AFP
19h49: Près d'un millier de soldats français en Centrafrique
Près d'un millier de soldats français étaient déployés vendredi soir en Centrafrique, où la France a entrepris une opération militaire pour tenter de stabiliser le pays, a-t-on appris auprès de l'état-major des armées.

17h48: La Croix-Rouge ramasse les cadavres à Bangui
Ce vendredi après-midi, la Croix-rouge centrafricaine ramassait des dizaines de cadavres abandonnés dans la ville depuis les violents affrontements de la veille, suivis de tueries, par armes à feu ou machette. Dans une odeur pestilentielle, les agents de la Croix-rouge emballaient les corps dans des sacs blancs puis les plaçaient dans des véhicules, sous le regard de combattants de l'ex-Séléka, intégrés par le président Michel Djotodia dans les nouvelles forces de sécurité.
Quelque 92 morts et 155 blessés ont été enregistrés dans un hôpital de Bangui depuis le début d'une vague de tuerie jeudi, selon un bilan établi vendredi par la mission sur place de Médecins sans frontières (MSF) et qui laisse présager un bilan extrêmement lourd des violences.
 
17h45: Des milliers d’habitants se réfugient sur une base française
Plusieurs milliers d'habitants de Bangui, craignant des exactions, étaient rassemblés  aux abords de l'aéroport de la capitale centrafricaine ce vendredi, ont constaté des journalistes de l'AFP. Venus des quartiers voisins de Boeing et Boy-Rabe, voisins de l'aéroport, où l'armée française et la force africaine ont leurs bases, ces habitants étaient tenus à l'écart des installations par un rideau de barbelés. C'est dans cette zone que des soldats français ont tué jeudi plusieurs personnes à bord d'un pick-up, qui avaient ouvert le feu dans leur direction et sur des civils, selon l'état-major français des armées.
 
17h38: L'opération militaire française «ne peut mener que dans une impasse», estime la CGT
Dans un communiqué, la centrale dirigée par Thierry Lepaon rejette «l'argument» du ministre des Affaires étrangers Laurent Fabius «sur un risque génocidaire en RCA» qui ne vise qu'«à marquer les esprits du peuple français et à justifier ainsi une intervention militaire». «Si la situation est effectivement devenue dramatique à Bangui, c'est qu'il n'y a quasiment plus d'Etat. La situation est plus proche de celle de la Somalie que de celle du Rwanda en 1994», estime la CGT. «La poursuite d'une telle politique de la France en Afrique ne peut à terme que mener dans une impasse», ajoute le communiqué. Pour la CGT, la France «qui garde une forte influence en Afrique subsaharienne, devrait au contraire encourager systématiquement toute initiative visant à consolider les transitions démocratiques au lieu de soutenir, souvent sans réserve, ses affidés, qu'ils soient au pouvoir ou dans l'opposition».

17h: Mélenchon demande «la plus grande vigilance»
Le coprésident du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon a appelé à Toulouse à «la plus grande vigilance» sur les conditions d'engagement des forces françaises en Centrafrique, sans pour autant s'opposer à l'intervention approuvée par l'ONU. «Je ne dis pas que j'y suis opposé. C'est une décision du Conseil de sécurité de l'ONU. Mais je demande la plus grande vigilance sur les conditions dans lesquelles nos forces sont engagées», a expliqué Jean-Luc Mélenchon lors d'une visite de soutien au candidat du Parti de gauche aux municipales à Toulouse. «Je dis: attention, la France n'a pas vocation à être la gendarmerie internationale de l'Afrique. (...) Cependant je ne voudrais pas non plus donner l'impression que nous sommes indifférents aux souffrances qu'endure la population», a-t-il dit à la presse. «Je ne vais pas regretter que les pillages et les meurtres et les viols cessent, mais je ne serai pas d'accord pour que cela vaille amnistie pour tout le reste». «Je ne peux pas désapprouver ni donner un blanc-seing», a-t-il dit ensuite à l'AFP.
 
14h35: Berlin propose de fournir une aide logistique à la France
L'Allemagne a proposé d'offrir une aide logistique à la France en mettant à disposition des capacités de transport aérien pour l'aider dans son opération en Centrafrique. Berlin dispose de cinq Airbus A310, capables d'effectuer du transport de troupes, et pour certains d'entre eux du ravitaillement aérien ou du transport de matériels, qui peuvent être mis à la disposition de la France, a déclaré un porte-parole du ministère allemand de la Défense, lors d'une conférence de presse ordinaire. Il ne pourra s'agir que de transports «vers un pays voisin de la République centrafricaine», a expliqué ce porte-parole, en soulignant qu'une telle aide n'entraînant pas directement une implication dans un pays en guerre pouvait être rapidement décidée par le gouvernement. Pour que les appareils interviennent dans une zone de conflit il faudrait un feu vert des députés du Bundestag, très improbable.
 
14h22: Un avion militaire britannique en route pour la Centrafrique
Un avion militaire britannique gros porteur C17 a quitté ce vendredi le Royaume-Uni pour la Centrafrique où il est attendu «sous peu», en appui de l'opération de la France dans ce pays, a annoncé le ministère des Affaires étrangères à Londres. Un porte-parole du Foreign office a précisé que l'avion avait quitté le Royaume-Uni à la mi-journée et qu'il était «en chemin». «Nous avons décidé avec le gouvernement français que nous aiderions à transporter les équipements français vers la Centrafrique au moyen d'un avion de transport C17», a indiqué le ministre des Affaires étrangères William Hague dans un communiqué. «Trois vols séparés auront lieu ce mois-ci, le premier devant atterrir en Centrafrique sous peu», a-t-il ajouté.
 
14h16: L'armée française a fait feu jeudi sur un pick-up armé, tuant plusieurs personnes à bord
Jeudi «à l'aube, un pick-up armé a ouvert le feu à trois reprises en direction de ces civils et des troupes françaises. A la troisième ouverture du feu, on a riposté et on a détruit le véhicule», a indiqué le porte-parole de l'état-major, le colonel Gilles Jaron.  Selon la même source, ce type de pick-up, équipé d'une mitrailleuse à l'arrière, compte habituellement quatre à cinq occupants. L'incident n'a fait «aucun blessé» parmi les civils et les soldats français, a précisé le porte-parole.

14h05: 92 morts, 155 blessés en deux jours dans un hôpital de Bangui
 «Hôpital communautaire: 155 blessés en deux jours, 92 morts à la morgue», indique un bref message de
Médecins sans frontières (MSF) transmis à l'AFP. L'ONG, qui a une antenne médicale et chirurgicale dans cet établissement, ne pouvait préciser si les corps déposés ce vendredi matin à la morgue étaient des victimes tuées dans la nuit, ou ceux de cadavres abandonnés dans les rues jeudi après les massacres.

11h05: EELV veut un vote au Parlement sur l’intervention en Centrafrique
Europe Ecologie-les Verts a demandé un vote au parlement sur l'action militaire française en Centrafrique, soulignant que l'intervention doit être «européenne et non uniquement française». Un débat sur l'intervention française en Centrafrique aura lieu mardi après-midi, simultanément à l'Assemblée nationale et au Sénat, après une réunion entre le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et les principaux responsables du Parlement.  Dans un communiqué, les deux porte-parole Sandrine Rousseau et Eric Loiselet estiment aussi que le temps dédié samedi à la Centrafrique lors du sommet des chefs d'Etat africains, «doit être le moment de confirmer une intervention européenne et non uniquement française, afin de garantir le cadre de l'intervention». «Pour EELV la capacité des pays africains d'assurer eux-mêmes leur sécurité est un objectif qui requiert le soutien international et particulièrement européen».
 

9h50: Michèle Allio-Marie: «On y va sans avoir pensé à l'après»
«Ca ne sert à rien de mettre en péril la vie des militaires français si tout doit recommencer dès le départ de nos troupes», a décalré l'ancienne ministre de la Défense sur RMC.


8h55: La France en Centrafrique «pour un moment court»
Jean-Yves Le Drian a assuré que la France, qui a commencé son intervention pour ramener la paix en Centrafrique, y serait «pour un moment court», possiblement six mois. Le ministre et proche du président François Hollande avait jusqu'ici évoqué une période de «4 à 6 mois». La veille, il avait encore indiqué: «Cette intervention sera rapide, elle n'a pas vocation à durer, et je suis sûr de son succès».
Les objectifs français - sécurisation du pays, aide au déploiement de la force multinationale africaine - sont-ils atteignables en six mois ? «Ce n'est pas exclu», selon Jean-Yves Le Drian.
 
8h05: L'opération française en Centrafrique a commencé, annonce Le Drian
Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a annoncé que l'opération française en Centrafrique avait commencé avec des patrouilles dans Bangui. Sur RFI, il a déclaré: «L'opération a commencé, dans la mesure où les forces françaises qui étaient déjà présentes à l'aéroport de Bangui, avec une mission limitée à la protection de cet aéroport et de nos ressortissants, dès cette nuit, ont développé des patrouilles dans Bangui. La nuit a été calme».

La Centrafrique est plongée dans le chaos et un engrenage de violences communautaires et inter-religieuses entre chrétiens et musulmans depuis le renversement en mars du président François Bozizé par une coalition hétéroclite à dominante musulmane, la Séléka.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a donné son feu vert jeudi à une force composée de soldats africains et français rétablir l'ordre en Centrafrique. Le président français François Hollande a annoncé dans la soirée une action militaire «immédiate» de la France après le vote de l'ONU.