Bush : «Ça va mal» en Irak

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George W. Bush a repoussé jeudi certaines des recommandations les plus cruciales d'un groupe de personnalités pour un changement de stratégie en Irak, mais a accédé à l'idée d'un nouvel effort diplomatique pour le Proche-Orient, que mènera son allié Tony Blair.
George W. Bush a repoussé jeudi certaines des recommandations les plus cruciales d'un groupe de personnalités pour un changement de stratégie en Irak, mais a accédé à l'idée d'un nouvel effort diplomatique pour le Proche-Orient, que mènera son allié Tony Blair. — Mandel NGan AFP

Hasard du calendrier, d'après Londres, la rencontre hier à Washington entre Tony Blair et George W. Bush est intervenue au lendemain de la publication du rapport Baker sur l'Irak, qui pointe l'échec retentissant de la stratégie américaine depuis 2003. C'était l'occasion pour le Premier ministre britannique et le président américain de méditer sur les 79 propositions de cette commission indépendante pour sortir de la guerre via un changement de stratégie. Bush l'a admis hier : « Ça va mal » en Irak, a-t-il déclaré, tout en assurant que les Etats-Unis l'emporteraient.

Mercredi, Blair avait annoncé partager le point de vue du nouveau chef du Pentagone, Robert Gates, selon lequel « la guerre n'est pas en train d'être gagnée en Irak ». Critiqué pour son soutien à l'administration américaine, il devait tenter de convaincre Bush – désavoué lors des élections de mi-mandat par le triomphe des démocrates – de trouver une solution au conflit israélo-palestinien, « capitale si l'on veut stabiliser la région ». Le rapport Baker préconise la même option. Mais jusqu'à présent, le Président a refusé de lier les deux crises. Blair, qui se rendra prochainement au Proche-Orient, devait aussi remettre l'Iran et la Syrie sur le tapis. Le Premier ministre britannique avait évoqué, mi-novembre, la possibilité d'un « nouveau partenariat » avec eux pour sortir de la crise en Irak. Sur ce point, Bush a déjà fait connaître sa position : pas question de négocier directement avec l'Iran et la Syrie, contrairement à ce que préconise le rapport Baker. La question du retrait des unités de combat devait également être au coeur des discussions. Le rapport recommande en effet un retrait progressif d'ici au début 2008. Bush, se voulant « flexible et réaliste », a dit hier que cela ne serait fait que si les conditions le permettent. De son côté, Londres a annoncé le retrait probable de la moitié de ses soldats d'ici à la fin 2007.

F. Vincent

Israël a dit hier son désaccord avec le rapport Baker, redoutant un changement de cap de la politique américaine.