Afghanistan: le Premier ministre pakistanais à Kaboul pour la paix

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Le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif s'est engagé samedi à Kaboul à apporter "toute l'aide possible" de son pays pour tenter de relancer les pourparlers de paix avec la rébellion talibane en Afghanistan et "briser le cycle de destruction".
Le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif s'est engagé samedi à Kaboul à apporter "toute l'aide possible" de son pays pour tenter de relancer les pourparlers de paix avec la rébellion talibane en Afghanistan et "briser le cycle de destruction". — Aref Karimi AFP

Le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif s'est engagé samedi à Kaboul à apporter «toute l'aide possible» de son pays pour tenter de relancer les pourparlers de paix avec la rébellion talibane en Afghanistan et «briser le cycle de destruction».

«Il est impératif de briser le cycle de destruction engendré par le conflit. Il est temps de prendre des mesures décisives», a déclaré M. Sharif lors d'une conférence de presse conjointe avec le président afghan Hamid Karzaï.

«Un règlement politique capable d'intégrer toutes les acteurs du conflit est à nos yeux la clef pour aboutir à une paix durable», a ajouté M. Sharif, dont la visite dans la capitale afghane était la première en 18 mois pour un Premier ministre pakistanais

«J'ai assuré au président Karzaï que le Pakistan continuerait à apporter toute l'aide possible pour soutenir le processus de paix en Afghanistan», a-t-il dit, appelant «toutes les parties à saisir leur chance et à se rassembler pour soutenir l'effort de paix».

Le Pakistan est considéré comme un acteur clé du processus de paix en Afghanistan en raison de ses relations historiques avec l'insurrection talibane, même si Kaboul accuse régulièrement son voisin de soutenir la rébellion pour défendre ses intérêts stratégiques dans la région, ce qu'Islamabad a toujours nié.

Au cours des derniers mois, et à la demande de Kaboul, Islamabad a libéré de nombreux talibans afghans emprisonnés dans ses geôles dont le mollah Baradar, ancien numéro deux de la rébellion, dans l'espoir qu'ils convainquent la hiérarchie du mouvement de discuter avec le pouvoir afghan.

Si ces initiatives n'ont jusqu'à maintenant rien donné, M. Sharif a indiqué que le sujet avait été «longuement» évoqué avec M. Karzaï et que les autorités pakistanaises feraient en sorte que des émissaires afghans puissent rencontrer le mollah Baradar.

M. Karzaï s'est de son côté réjoui que la coopération avec Islamabad se soit «accrue» depuis la prise de fonctions de M. Sharif, vainqueur des élections législatives en mai dernier.

«Le problème de la paix se pose désormais en termes plus clairs, des efforts ont été entrepris», a-t-il déclaré. «J'espère que nos relations atteindront un niveau qui permettra à nos deux pays de vivre en paix».

La visite de M. Sharif est intervenue une semaine après le passage au Pakistan d'une délégation du Haut conseil afghan pour la paix (HCP), chargé d'établir des ponts avec les talibans afin de les convaincre d'initier des pourparlers directs avec le président Karzaï dans l'espoir de stabiliser le pays.

L'absence d'accord de paix fait craindre une flambée des violences dans le pays après le départ des 75.000 soldats de l'Otan d'ici à la fin 2014. Ce retrait s'effectuera de surcroît dans un contexte politique sensible, une élection présidentielle étant prévue le 5 avril.

Le déplacement du dirigeant pakistanais à Kaboul est également survenu au moment où les États-Unis font pression sur le président Karzaï pour qu'il signe un traité encadrant le maintien d'une force américaine dans le pays après le départ de l'Otan.