Le Kremlin met fin au scandale de la malle géante Louis Vuitton à Moscou

PATRIMOINE Un pavillon de neuf mètres de haut et 30 de long aux couleurs de Louis Vuitton sur la place Rouge a déchaîné les foudres des députés...

avec AFP

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La malle Louis Vuitton sur la place Rouge à Moscou.
La malle Louis Vuitton sur la place Rouge à Moscou. — KIRILL KUDRYAVTSEV/AFP

Vuitton n'a plus qu'à se faire la malle. Le Kremlin a exigé que soit démontée la malle géante aux couleurs de la marque de luxe française Louis Vuitton installée sur la place Rouge, classée au patrimoine mondial de l'Unesco, pour mettre fin à un scandale qui agite Moscou. Une source au sein de la présidence a indiqué aux agence russes qu'il avait été demandé de retirer "rapidement" le pavillon de neuf mètres de haut sur 30 de long estampillé du fameux sigle LV.

La malle cachait une partie d'une cathédrale

Installé entre les murailles du Kremlin et la célèbre galerie marchande du Goum, à l'occasion des 120 ans de cette dernière, il cache en partie la cathédrale Basile le Bienheureux et ses dômes colorées. "La question du démontage de ce pavillon qui a fait beaucoup de bruit est résolue, les organisateurs commencent à le démonter", a déclaré quelques heures plus tard un porte-parole de la mairie de Moscou, Vladimir Tchernikov, cité par l'agence Interfax.

Des journalistes de l'AFP sur place mercredi après-midi n'ont toutefois vu aucun ouvrier à l'oeuvre. "Rien n'est officiel pour le moment. Nous n'avons pas reçu d'ordre officiel de démonter", a déclaré de son côté à l'AFP une porte-parole de la marque de luxe à Paris. Le Goum avait indiqué dans la matinée dans un communiqué avoir demandé à la marque de procéder rapidement au démontage, compte-tenu de l'indignation "d'une partie de la société et du fait que la construction a dépassé les dimensions autorisées".

Elle trône depuis dix jours sur la place rouge

Cette décision a été prise alors que la malle, qui trône depuis une dizaine de jours sur la place, a suscité mardi une avalanche de critiques de la part de députés et de représentants de la société civile. Elle devait abriter à partir du 2 décembre et jusqu'au 19 janvier une exposition de malles de la marque ayant appartenu à travers l'histoire à diverses célébrités, dont les bénéfices devaient être reversés à la fondation caritative du mannequin Natalia Vodianova, Naked Hearts, en faveur des enfants handicapés.

Un pavillon "monstrueux" et "encombrant"

De nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer la présence de cet objet incongru et fustiger une opération de communication à un endroit hautement symbolique pour la Russie. "C'est une construction horrible", a déclaré à l'AFP Lioudmila, une retraitée se promenant sur la place Rouge. Pour Tikhon, un jeune homme d'une trentaine d'années, le pavillon est "monstrueux" et "encombrant".

Qui est responsable?

Face au scandale, le Kremlin et la mairie ont rejeté toute responsabilité. Le Goum a pourtant précisé dans son communiqué que la construction avait reçu toutes les autorisations nécessaires. "C'est le Goum qui s'est chargé des questions d'autorisation (...) Nous n'avons été impliqués d'aucune manière dans cette affaire", a déclaré à l'AFP le porte-parole des services administratifs du Kremlin, Viktor Khrekov.

Interrogé pour savoir s'il avait été consulté avant l'installation de la malle géante, le service de protection du Kremlin (FSO), connu pour son intransigeance en ce qui concerne la sécurité de la présidence russe, a dit d'avoir aucune information sur le sujet. La mairie de Moscou a, pour sa part, souligné que la place Rouge n'entrait pas dans son domaine de compétences.

"Quelqu'un a bien donné son autorisation! Quoi qu'il en soit, il ne s'agit pas d'une décision prise par la seule société Louis Vuitton, cela s'est fait en concertation", s'est insurgée la présidente de la fondation Naked Heart, Anastasia Zaloguina, citée par Interfax.