L'Ukraine tourne le dos à l'Europe pour la Russie

EUROPE Le pays a renoncé à l'accord d'association que lui proposait l'UE...

avec AFP

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Vladimir Poutine, en visite à Kiev en Ukraine, le 27 octobre 2010.
Vladimir Poutine, en visite à Kiev en Ukraine, le 27 octobre 2010. — SERGEI SUPINSKY/AFP PHOTO

L'accord d'association proposé par l'Union européenne à l'Ukraine a été enterré jeudi, à une semaine de sa signature prévue et longuement attendue, Kiev y ayant renoncé afin de «relancer ses relations économiques avec la Russie».

«L'accord à Vilnius ne sera pas signé (...) Notre mission s'achève», a déclaré l'ex-président polonais Aleksander Kwasniewski, émissaire européen qui était dans la capitale ukrainienne avec l'ancien chef du Parlement européen Pat Cox pour une ultime tentative de débloquer la situation dans ce domaine. Un peu plus tôt, le Premier ministre ukrainien Mykola Azarov avait signé un décret ordonnant de «suspendre le processus de préparation de l'accord d'association entre l'Ukraine et l'UE» et mettant ainsi fin aux espoirs de voir ce pays le signer. 

«Pressions brutales»

Cette décision inattendue de Kiev, qui inflige un camouflet à l'UE a tout l'air d'un succès pour la diplomatie russe, a été prise afin d'«assurer la sécurité nationale, relancer les relations économiques avec la Russie et préparer le marché intérieur à des relations d'égal à égal avec l'Union européenne», selon Azarov qui avait rencontré la veille en tête-à-tête son homologue russe Dmitri Medvedev.

Kwasniewski a expliqué la décision de Kiev par «une pression très brutale de Moscou, aussi bien médiatique qu'économique», conduisant pratiquement à l'arrêt des exportations ukrainiennes vers la Russie, alors que «les caisses de l'Etat ukrainien sont vides». «C'est une grande bataille géopolitique, une bataille pour l'avenir du continent européen», a-t-il affirmé.

La représentante de l'UE pour les affaires étrangères, Catherine Ashton, a, pour sa part, dit que c'était «une déception, pas seulement pour l'UE, mais, nous le pensons, pour le peuple ukrainien». Toutefois, a-t-elle répété, «l'avenir» de l'Ukraine «passe par une relation forte avec l'UE».