Hollande en Israël avant des négociations cruciales sur le nucléaire iranien

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Le président français François Hollande est arrivé dimanche à l'aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv pour une visite de trois jours en Israël et dans les Territoires palestiniens dominée par le dossier nucléaire iranien.
Le président français François Hollande est arrivé dimanche à l'aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv pour une visite de trois jours en Israël et dans les Territoires palestiniens dominée par le dossier nucléaire iranien. — Patrick Kovarik AFP

Le président français François Hollande est attendu dimanche à Tel-Aviv pour sa première visite d'Etat en Israël au moment où la France apparaît aux côtés des Israéliens avant des négociations cruciales sur le programme nucléaire controversé iranien.

Durant son séjour de trois jours, l'un des plus longs à l'étranger depuis le début de son quinquennat, M. Hollande au plus bas dans les sondages, espère en outre peser sur le processus israélo-palestinien dans l'impasse et tentera de relancer des relations économiques et commerciales que Paris juge indignes "de la qualité de la relation politique".

Après son arrivée à la mi-journée à Tel-Aviv, il aura des entretiens avec son homologue israélien Shimon Peres et le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le président français multipliera aussi les actes symboliques, se recueillant sur les tombes du fondateur du mouvement sioniste Theodor Herzl et de l'ex-Premier ministre assassiné Yitzhak Rabin avant de visiter Yad Vashem, le mémorial de la Shoah, à Jérusalem.

M. Netanyahu a fait savoir qu'il attendait "impatiemment" M. Hollande, qualifié d'"ami proche d'Israël", qui sera accompagné notamment du ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, à la manoeuvre pour hausser le niveau d'exigences dans les négociations multilatérales nucléaires avec Téhéran à Genève.

'Bombe atomique, Non"

Dans une interview au quotidien Le Figaro, M. Netanyahu a appelé Paris à ne pas "fléchir" face à l'Iran dont le programme nucléaire sera au centre de nouvelles négociations à Genève le 20 novembre.

M. Peres, dans un entretien à l'hebdomadaire Le Journal du Dimanche, a averti que si l'Iran parvenait à fabriquer une bombe atomique, alors tous les pays du Moyen-Orient lui emboiteraient le pas. "La pression ne doit pas être relâchée", a-t-il dit en saluant "la position française de fermeté à l'égard de l'Iran".

Pour l'Elysée, si "l'approche tactique" de la France peut différer de celle d'Israël, les deux pays s'accordent que le "volet militaire" du programme nucléaire iranien "doit cesser".

Téhéran dément chercher à se doter de l'arme nucléaire.

La position de la France sur l'Iran "n'est pas pour plaire à tel ou tel Etat", souligne-t-on à Paris. "C'est une proposition claire découlant du principe: nucléaire civil oui, bombe atomique non".

"La France s'identifie avec Israël sur la question de l'Iran. Elle se voit comme une puissance méditerranéenne quand les Etats-Unis sont une puissance atlantique éloignée", estime Ovadia Sofer, ex-ambassadeur d'Israël en France, en soulignant les intérêts économiques français dans les monarchies arabes du Golfe qui se sentent menacés par Téhéran.

Les relations entre Israël et les Etats-Unis traversent une grave crise sur le dossier nucléaire.

M. Netanyahu presse les grandes puissances de ne pas accepter un accord "dangereux" avec Téhéran qui impliquerait un assouplissement des sanctions qui asphyxie l’économie iranienne, voulu par l'administration Obama.

'Encourager' la paix

Sur le dossier israélo-palestinien, M. Hollande, qui rencontre lundi à Ramallah le président palestinien Mahmoud Abbas et s'exprime devant le Parlement israélien à Jérusalem, entend "encourager" les deux parties à réaliser les "compromis" et "efforts nécessaires", selon l'Elysée.

Persuadé de "l'influence" de la France dans la région, le président français, accompagné d'une demi-douzaine de ministres, plaidera pour "une solution à deux Etats" avec des garanties de sécurité pour Israël et de viabilité pour la future Palestine. Il devrait à nouveau dénoncer la colonisation juive.

Un représentant du mouvement islamiste Hamas à Gaza, Salah al-Bardawil, a dénoncé la visite de François Hollande, jugeant qu'elle allait "appuyer Israël".

Sur le plan économique, les flux commerciaux entre les deux pays s'élevaient en 2011 à 2,3 milliards d'euros, la France n'étant que le 11e fournisseur d'Israël. "Israël est un pays riche, à la pointe de l'innovation mais nos échanges sont médiocres", déplore un haut responsable français sous couvert d'anonymat.

Une quarantaine de dirigeants d'entreprises comme Alstom, Arianespace ou Vinci seront du voyage, au cours duquel MM. Hollande, Netanyahu et Peres inaugureront mardi à Tel-Aviv, la 2e "Journée de l'Innovation" Israël-France. Des accords de coopération devraient être signés dans les domaines ferroviaire ou des hautes technologies.

La dernière visite d'Etat d'un président français en Israël a été effectuée par Nicolas Sarkozy en 2008.