Au Liban, l'opposition tient malgré l'armée

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Pour l'instant, chacun des deux bords campe sur ses positions alors que l'opposition tient depuis vendredi un sit-in illimité devant le siège du gouvernement, en crise depuis la démission à la mi-novembre des six ministres pro-syriens, dont cinq chiites appartenant au Hezbollah et à Amal.
Pour l'instant, chacun des deux bords campe sur ses positions alors que l'opposition tient depuis vendredi un sit-in illimité devant le siège du gouvernement, en crise depuis la démission à la mi-novembre des six ministres pro-syriens, dont cinq chiites appartenant au Hezbollah et à Amal. — Patrick Baz AFP

Loin de se calmer, la crise s'amplifie au Liban. Après l'immense démonstration de force de vendredi, l'alliance entre le Hezbollah chiite de Hassan Nasrallah et le mouvement chrétien du général Michel Aoun maintient la pression en tenant un sit-in illimité devant le siège du gouvernement. Son objectif : un cabinet d'union nationale qui prenne en compte le poids politique de chacun des deux partis au sein du Parlement. Pour l'instant, la majorité continue à opposer une fin de non-recevoir aux exigences de l'opposition. « Certains pensent que l'issue est de prendre d'assaut le Sérail [le siège du gouvernement]. Cela n'est pas une solution, mais un projet de crise longue », a affirmé ce week-end Fouad Siniora, le chef du gouvernement, qui a réitéré ses appels au dialogue. Mais il n'empêche que la tension monte au pays du Cèdre. Les manifestations ont fait une première victime dimanche. Un musulman chiite de 20 ans a été tué par balles dans un quartier à majorité sunnite de Beyrouth. Et, selon la police, le caillassage de convois revenant du centre-ville vendredi soir aurait fait une vingtaine de blessés. Pour éviter d'autres dérapages, l'armée libanaise s'est déployée en force hier à Beyrouth et dans le reste du pays.

Armelle Le Goff

« Ce qui se passe au Liban nous contraint à nous préparer à la possibilité d'un coup d'Etat » du Hezbollah, a déclaré dimanche le ministre israélien du Commerce, Eli Yishaï. Une inquiétude relayée par les journaux israéliens, qui s'inquiétaient hier d'une possible nouvelle guerre contre le Parti de Dieu durant l'été 2007.