Typhon aux Philippines: Les télécommunications, le nerf de l’aide humanitaire

Faustine Vincent

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Un jeune homme sur les ruines de sa maison après le passage du typhon Haiyan, à Tacloban, aux Philippines, le 12 novembre 2013.
Un jeune homme sur les ruines de sa maison après le passage du typhon Haiyan, à Tacloban, aux Philippines, le 12 novembre 2013. — Wally Santana/AP/SIPA

Sans elles, pas de coordination possible de l’aide humanitaire aux sinistrés. Les télécommunications, totalement coupées dans certaines zones après le passage du typhon Haiyan aux Philippines, ont été partiellement rétablies mardi à Tacloban, capitale de l'île de Leyte, la zone la plus touchée par la catastrophe. L’ONG Télécoms sans frontières (TSF) y a monté trois centres télécom pour permettre aux agences de l’ONU, au gouvernement philippin et aux ONG d’utiliser Internet et le téléphone par satellite.

«On a récupéré une couverture partielle sur le centre-ville de Tacloban, mais il reste une grande zone non couverte», explique à 20 Minutes Sébastien Latouille, chef de mission TSF actuellement à Tacloban. «D’autres îles sont certainement affectées, puisque le typhon faisait 400km de large. Mais c’est difficile de se déplacer, précise-t-il. Les routes et les voitures ont été détruites. Pour le moment on se concentre sur Tacloban, le temps que les avions arrivent et qu’on puisse bouger».

Trois minutes d’appel gratuit pour joindre sa famille

Comme elle l’avait déjà fait pour Haïti en 2010, TSF a aussi commencé à envoyer des équipes dans les zones où sont regroupés les sinistrés pour leur permettre de téléphoner à leur famille gratuitement pendant trois minutes. «Beaucoup de gens font la queue pour appeler», précise Sébastien Latouille.

TSF, qui a un partenariat depuis 2006 avec l’ONU, est la seule ONG à travailler sur le rétablissement en urgence des télécommunications aux Philippines. Une équipe avait été envoyée dès jeudi, avant le passage du typhon, pour pouvoir évaluer les besoins et intervenir dès que possible. Selon l’opérateur local SMART, qui a mené des évaluations avec TSF, «il se pourrait que le réseau mobile [local] ne soit pas entièrement rétabli avant deux mois».

Sébastien Latouille dit n’avoir jamais vu un tel désastre. «Ici, tout est détruit, il n’y a pas d’électricité, les gens sont dans la rue parce qu’ils n’ont plus de maison, et c’est difficile de trouver à manger et à boire. La sécurité est aussi un problème, même si elle s’améliore depuis l’arrivée de militaires philippins».

Les Nations unies ont évoqué la mort possible de 10.000 personnes dans la seule ville de Tacloban. Le dernier bilan officiel, mardi, faisait état de 1.774 morts, pour l'ensemble de la région touchée. Près de dix millions d'habitants, soit 10% de la population du pays, ont été affectés par cette catastrophe. Quelque 660.000 personnes sont désormais sans abri.