Français lynché à Madagascar: Le corps de Sébastien Judalet doit être rapatrié mercredi

Vincent Vantighem

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Des passants devant le lieu où a lieu le lynchage de trois personnes à Madagascar le samedi 5 octobre 2013.
Des passants devant le lieu où a lieu le lynchage de trois personnes à Madagascar le samedi 5 octobre 2013. — RIJASOLO / AFP

L’arrivée en France est prévue mercredi à 17h15. Le corps de Sébastien Judalet, le Français lynché à Madagascar le 3 octobre par une foule qui l’accusait de pédophilie, doit être rapatrié ce mercredi, a appris 20 Minutes auprès de Bertrand Salquain, l’avocat de la famille de cet homme de 38 ans.

A son arrivée sur le sol français, le corps doit être pris en charge par la brigade de recherches de la gendarmerie de Paris afin d’être conduit à l’institut médico-légal d’Evry (Essonne) pour y subir une deuxième autopsie. «Des analyses ADN doivent être effectuées afin de s’assurer qu’il s’agit bien des restes de Sébastien Judalet», confie l’avocat.

Il n’était pas pédophile, selon l’enquête

En voyage dans la ville de Nosy Be, ce conducteur de bus de la RATP avait été lynché à mort par une foule qui l’accusait de s’être livré à des actes pédophiles sur un petit garçon malgache retrouvé mort. La foule en colère avait notamment jeté dans un feu le corps du Français avec celui de Roberto, l’ami qui l’accompagnait sur l’île malgache (lire l’encadré).

Ouverte rapidement après les faits par le parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis), une enquête préliminaire avait permis d’établir que Sébastien Judalet n’avait pas le profil d’un pédophile. «Son domicile a été fouillé, ses ordinateurs, son compte Facebook, ses proches interrogés, liste encore l’avocat. Il n’y a aucun élément qui permette de dire que Sébastien était quelqu’un avec de tels penchants…»

«Plusieurs suspects courent toujours»

L’enquête, menée à Madagascar, a permis d’interpeller deux personnes soupçonnées d’avoir participé au lynchage. Si elles ont été incarcérées, «plusieurs suspects courent toujours», selon Bertrand Salquain.

De son côté, la famille de la victime attend que la justice termine les analyses ADN sur le corps de leur proche avant de procéder à l’inhumation aux Ponts-de-Cé dans le Maine-et-Loire. «Cela devrait se faire samedi ou lundi de la semaine prochaine», conclut l’avocat.