Un soldat militaire britannique reconnu coupable du meurtre d'un prisonnier afghan

JUSTICE Il était jugé en cour martiale. Deux autres soldats ont été acquittés...

A.-L.B. avec AFP

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Capture d'écran d'une vidéo diffusée par un tribunal militaire britannique en novembre 2013.
Capture d'écran d'une vidéo diffusée par un tribunal militaire britannique en novembre 2013. — Capture d'écran 20minutes.fr

Une cour martiale au Royaume-Uni a reconnu coupable vendredi un soldat britannique du meurtre de sang-froid d'un insurgé afghan blessé en 2011. Ce militaire, appelé soldat A pour des raisons légales interdisant de l'identifier, sera fixé ultérieurement sur sa peine. Il encourt une peine de prison à vie.

Deux autres soldats (B et C), soupçonnés d'avoir encouragé le soldat A à commettre le meurtre, ont été acquittés à l'issue de ce procès de deux semaines à Bulford, dans le sud de l'Angleterre.

«Je viens de violer la convention de Genève»

Le soldat A, un Royal Marine, a été reconnu coupable d'avoir abattu l'insurgé à bout portant, au niveau de la poitrine, avec un pistolet de 9 mm dans la province afghane du Helmand.

«Prends ça. T'en ferais autant, salaud», avait-il lancé à l'Afghan, selon une vidéo filmée à partir de la caméra fixée sur le casque du soldat B.  «Evidemment, ça reste entre nous les gars. Je viens de violer la Convention de Genève» sur le traitement des prisonniers de guerre, disait-il encore. La cour martiale britannique a diffusé l'enregistrement sonore lors du procès.

Les soldats affirment qu'il était déjà mort

Cet enregistrement date de septembre 2011, et n’est que la bande sonore d’une vidéo enregistrée par des soldats britanniques, ces derniers ayant sur leurs casques des mini-caméras. L’instance judiciaire, qui a reconnu coupable ce militaire, a refusé de rendre publique l'intégralité la vidéo au motif que celle-ci pourrait être récupérée par la propagande ennemie. Seules quelques photos (vidées de tout caractère choquant) de cet enregistrement ont été publiées.

Après avoir été blessé par des tirs, le taliban aurait été traîné à l’écart par ces militaires, et aurait été achevé d’un tir dans la poitrine.

Depuis sa capture, le taliban afghan était prisonnier de guerre des soldats britanniques. Son assassinat constitue une violation de la Convention de Genève (qui définit des règles de protection des personnes, notamment des prisonniers, en cas de conflit armé), précise la BBC. Pour leur défense, ces soldats arguent que l’insurgé était déjà mort quand ils l’ont trouvé.