Turquie: manifestation contre la construction d'un mur à la frontière syrienne

© 2013 AFP

— 

La police a fait usage de gaz lacrymogène et de canons à eau pour disperser jeudi à Nusaybin, dans le sud-est de la Turquie, plusieurs milliers de personnes opposées à la construction d'un mur à la frontière avec la Syrie, ont raconté des témoins.
La police a fait usage de gaz lacrymogène et de canons à eau pour disperser jeudi à Nusaybin, dans le sud-est de la Turquie, plusieurs milliers de personnes opposées à la construction d'un mur à la frontière avec la Syrie, ont raconté des témoins. — - AFP

La police a fait usage de gaz lacrymogène et de canons à eau pour disperser jeudi à Nusaybin, dans le sud-est de la Turquie, plusieurs milliers de personnes opposées à la construction d'un mur à la frontière avec la Syrie, ont raconté des témoins.

Réunis à l'appel du Parti kurde pour la paix et la démocratie (BDP), les manifestants se sont rassemblés à quelque centaines de mètres de la frontière pour dénoncer ce «mur de la honte». Les forces de l'ordre sont intervenues pour riposter à des jets par certains protestataires de bouteilles et de cocktails Molotov.

Ces incident sont intervenus le jour où la maire de cette ville, Mme Ayse Gökkan, a mis un terme une grève de la faim entamée neuf jours plus tôt pour protester contre la construction du mur.

«La maire a arrêté son action aujourd'hui. Nous pensons que l'action (de mobilisation) a porté ses fruits», a expliqué à l'AFP un responsable du BDP, dont Mme Gökkan est membre.

«Il est inacceptable de construire un mur de la honte entre les peuples kurdes», avait déclaré mardi Mme Gökkan à l'AFP, par l'intermédiaire d'un porte-parole. «Comme le mur de Berlin, ce mur restera comme une tache dans l'histoire de l'humanité», avait-elle ajouté.

Le gouvernement turc a récemment décidé de renforcer la sécurité au poste-frontière de Nusaybin à la suite des intenses combats qui ont opposé à Qamishli, de l'autre côté de la frontière, des groupes jihadistes en guerre contre le président Bachar al-Assad à des militants kurdes syriens du PYD.

Les autorités d'Ankara ont démenti toute volonté d'ériger un véritable «mur», affirmant que les services de sécurité turcs se contentaient d'ajouter des barbelés à une structure déjà existante.

La Turquie, qui soutient les rebelles hostiles au régime de Damas, accueille aujourd'hui plus de 600.000 réfugiés syriens sur son territoire, dont 200.000 dans des camps.