Une des détenues d’Ariel Castro raconte ses onze ans d’horreur

M. Go. avec AFP

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Le «tortionnaire de Cleveland», Ariel Castro, et une de ses victimes, Michelle Knight, le 1er août 2013, au tribunal.
Le «tortionnaire de Cleveland», Ariel Castro, et une de ses victimes, Michelle Knight, le 1er août 2013, au tribunal. — PHOTOMONTAGE 20 MINUTES / T.DEJAK / AP / SIPA

Battue, violée, attachée à un poteau, obligée de porter un casque pendant trois semaines, contrainte à l’avortement… Michelle Knight, une des trois jeunes femmes séquestrées et torturées pendant des années par Ariel Castro, s’est confiée lors de l’émission du Dr Phil, un des shows les plus populaires des Etats-Unis.


Une vie de violences

Son témoignage est terrifiant. Enlevée en 2002 à 20 ans, la jeune femme a été séquestrée pendant onze ans dans «la maison de l'horreur» de Cleveland. «Il pensait que j'étais une prostituée de 13 ans. Quand il a appris mon âge, il est devenu furieux. Je ne lui ai pas résisté mais je l'ai supplié de ne pas me violer, il m'a répondu qu'il ne pouvait revenir en arrière et m'a jeté des billets à la figure», se souvient la jeune femme de petite taille, qui se retrouve dès le premier jour attachée avec des câbles et suspendue au plafond.

Les années qui vont suivre vont être ponctuées de viols répétés. «Je me fichais de savoir si j'allais vivre ou mourir, je pensais à mon fils [né avant sa captivité]. Je haïssais Castro, je lui disais qu'il était un monstre», affirme-t-elle.Ariel Castro la tape avec des bâtons, l'étrangle avec des câbles, la frappe. Pour provoquer la première de ses cinq fausses couches, Castro la prive de nourriture pendant quinze jours et la roue de coups au ventre avec un haltère.

D’autres prisonnières

Sur le revêtement du sous-sol, la femme remarque l’inscription «ici repose en paix». Elle n’arrive pas à lire le nom mais elle se dit qu’elle n’est pas la seule à être retenue. Elle croisera six ou sept fois une autre prisonnière, Amanda Berry, qu’elle assiste lors d’un accouchement.  

Castro la transfère dans une chambre capitonnée à l’étage. La plupart du temps, il la laisse nue. Elle n’a droit qu’à une douche par an.

La police a retrouvé plus de 42kg de chaînes dans la maison. Les trois victimes étaient retenues dans des pièces aux vitres obstruées par des planches. Lorsque Castro recevait de la visite, il lui mettait une «chaussette sale» dans la bouche, qu'il recouvrait avec du ruban adhésif, pour éviter qu'elle ne signale sa présence, a encore raconté Michelle Knight. A un moment donné, Castro l'a autorisée à avoir chien. «Et un jour, mon chien s'est mis à me protéger, il l'a mordu et l'a tué devant mes yeux», a-t-elle poursuivi.

Les trois jeunes filles ont réussi à échapper à leur tortionnaire en mai dernier. Ariel Castro a ensuite été condamné à une peine de prison à vie sans possibilité de libération anticipée, assortie en outre d'un total de 1.000 ans de réclusion. Il a été retrouvé pendu dans sa cellule en septembre.