Grèce: La police évacue les occupants de la télévision nationale

MANIFESTATIONS 200 personnes occupaient les locaux depuis juin...

M. Go. avec AFP

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Mainfestation à Athènes contre la fermeture de la télévision publique grecque, le 13 juin 2013.
Mainfestation à Athènes contre la fermeture de la télévision publique grecque, le 13 juin 2013. — Petros Giannakouris/AP/SIPA

La fin de plusieurs mois de protestations. La police a évacué jeudi vers 6h du matin l'ancienne télévision nationale grecque ERT. Depuis juin, cette institution était occupée par des journalistes licenciés après la décision brutale du gouvernement de fermer cette institution, jugée trop coûteuse dans une Grèce en crise.

La police anti-émeute est entrée dans les locaux de l'ancienne radio-télévision, situés dans une banlieue nord d'Athènes, aux premières heures de la matinée. D'autres policiers ont repoussé hors des locaux environ 200 personnes qui protestaient contre l'évacuation.

Des arrestations

Aucun incident ou affrontement n'avait été constaté vers 6h, alors que se poursuivait l'opération des forces de police. Un représentant du syndicat Pospert des employés de ERT, Nikos Tsimbidas, a déclaré à l'AFP qu'il était en état d'arrestation.

L'agence de presse grecque Ana a annoncé de son côté que la police avait arrêté trois autres ex-employés de ERT, dont le dirigeant de Pospert, le journaliste Panagiotis Kalfagiannis. Selon les médias locaux, des militants opposés à l'évacuation se sont précipités sur les lieux alors que se répandait au petit matin la nouvelle d'une évacuation imminente.

L'émotion de la fermeture

Des employés licenciés d'ERT occupaient le bâtiment depuis la fermeture brutale par le gouvernement de ERT, le 11 juin, avec le licenciement de 2.600 personnes. Cette décision avait provoqué une émotion considérable, tant en Grèce qu'à l'étranger.

Elle avait failli provoquer la chute du gouvernement de coalition d'Antonis Samaras, avec le départ d'un de ses alliés de la coalition. Arguant du fait que ERT coûtait 300 millions d'euros par an, dans un pays en très grave crise économique, Samaras a depuis refusé le rétablissement de la radio-TV nationale sous sa forme initiale.

La nouvelle TV nationale Nerit ne doit pas commencer ses émissions avant 2014.Refusant leur licenciement, des anciens employés ont maintenu depuis juin des émissions sauvages à partir des locaux occupés, alors qu'une station de télévision nationale provisoire, DT, émet depuis juillet dans des locaux distincts.