Journalistes français tués au Mali: Paris envoie des enquêteurs sur place

DÉCRYPTAGE près l'assassinat des envoyés spéciaux de RFI Ghislaine Dupont et Claude Verlon à Kidal...

Bérénice Dubuc avec AFP

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Claude Verlon et Ghislaine Dupont, les deux journalistes de RFI tués au Mali le 2 novembre 2013.
Claude Verlon et Ghislaine Dupont, les deux journalistes de RFI tués au Mali le 2 novembre 2013. — RFI / AFP

Deux jours après l’enlèvement et l’assassinat des envoyés spéciaux de RFI Ghislaine Dupont et Claude Verlon à Kidal, des opérations sont toujours «en cours» pour retrouver les tueurs. 20 Minutes fait le point.

Où en est l’enquête pour retrouver les assassins de Ghislaine Dupont et Claude Verlon?

Ce lundi matin, une source à la gendarmerie de Gao a affirmé qu’une «dizaine de suspects» avaient été interpellés «dans la région de Kidal». Des interpellations démenties par le ministre de la Défense français Jean-Yves Le Drian, qui a ajouté que les militaires français disposent «d’indications permettant de remonter la trace» des assassins. Son homologue aux Affaires étrangères, Laurent Fabius, a indiqué que des «opérations pour identifier un certain nombre de personnes dans des campements», lancées dimanche, étaient toujours «en cours» ce lundi pour retrouver les tueurs.

Le chef de l'Etat malien, Ibrahim Boubacar Keita, a déclaré qu’une enquête judiciaire sur ces assassinats a été ouverte ce lundi, et que «ce soir des enquêteurs français sont attendus [au Mali] pour travailler main dans la main avec leurs collègues maliens».

Que sait-on des circonstances de la mort des journalistes?

De nombreuses zones d’ombre demeurent. Laurent Fabius a indiqué ce lundi matin que les journalistes «n’ont pas été acheminés» sur Kidal par les militaires français et qu’«ils n’avaient pas demandé de protection particulière». Il a ajouté qu’il n’y avait «aucune trace d’impact» sur le véhicule transportant les journalistes, donc qu’«il n’y a pas eu […] de combat».

Selon le porte-parole de l’état-major français, le colonel Gilles Jaron, l’hypothèse d’une exécution alors que les ravisseurs tentaient d’échapper à leurs poursuivants ne tient pas. Il a indiqué que les forces françaises basées à l’aéroport de Kidal, alertées de l’enlèvement, ont envoyé une patrouille et deux hélicoptères sur place, mais ont découvert les corps des deux journalistes sans avoir vu ou affronté les meurtriers.

Quand les corps des deux journalistes doivent-ils être rapatriés?

Leurs corps ont été ramenés de Kidal à Bamako par un avion militaire français dimanche soir. Une cérémonie officielle en leur honneur à laquelle assistera le président malien doit avoir lieu ce lundi soir. Ce dernier a annoncé qu’il comptait «s’incliner sur (leurs) dépouilles» et qu’il les décorerait à titre posthume, au nom du Mali. Les corps des deux journalistes sont attendus mardi matin à Roissy. Ils doivent être rapatriés à bord du vol Air France AF3873, dont l’arrivée à Roissy Charles-de-Gaulle est prévue à 6h10. Une autopsie sera réalisée dans la foulée.

Quelles pourraient être les conséquences de ces assassinats au Mali?

Face à la détérioration de la sécurité dans le nord du Mali -avant l’assassinat de deux journalistes français, plusieurs attentats djihadistes meurtriers y ont eu lieu- la France s’apprête à renforcer sa présence militaire. Cette vaste zone reste en effet hors de contrôle des autorités maliennes, à quelques jours des élections législatives, dont le premier tour est fixé au 24 novembre.

Dès samedi, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, avait indiqué que la sécurisation de la zone de Kidal devait être «accrue». Une volonté réaffirmée ce lundi par Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement, pour qui «il va sans doute falloir renforcer encore» la présence française dans le pays. La force française devait jusqu’ici être maintenue à 2.500 hommes jusqu’à fin 2013 et la fin des législatives, avant d’être ramenée à un millier fin janvier.