Des casques bleus accusés d'avoir violé des enfants

C. L.

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Quelque 80% des 7.500 militaires et 2.000 policiers de la Mission de stabilisation de l'Onu en Haïti (Minustah), en soutien de la police haïtienne (quelque 4.000 hommes), avaient été mobilisés dans le pays pour assurer un bon déroulement du scrutin.
Quelque 80% des 7.500 militaires et 2.000 policiers de la Mission de stabilisation de l'Onu en Haïti (Minustah), en soutien de la police haïtienne (quelque 4.000 hommes), avaient été mobilisés dans le pays pour assurer un bon déroulement du scrutin. — Thony Belizaire AFP

Des enfants violés et soumis à la prostitution par des soldats de l’ONU; des demandes de faveurs sexuelles en échange d’argent ou de nourriture. Autant d’accusations révélées, jeudi, par les journalistes de la BBC et qui sont prises au sérieux par l’Organisation des Nations unies.

Une conférence sur les sévices sexuels commis par des personnels de maintien de paix doit même avoir lieu lundi à New York. Il faut dire que ce n’est pas la première fois que de telles allégations visent les casques bleus.

«Nous prenons tous ces cas très au sérieux. Nous avons mis en place une politique de tolérance zéro», a ainsi déclaré jeudi soir Stéphane Dujarric, porte-parole de l’Organisation, précisant que le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan y participerait. Des témoignages de victimes, d’employés d’ONG et d’enquêteurs seront entendus.

En Haiti, un journaliste de la BBC a rencontré une fille des rues de 11 ans qui lui a raconté avoir été abusé sexuellement par des soldats de maintien de la paix devant les portes du palais présidentiel à Port-au-Prince.

Une autre jeune fille lui a fait part de son viol, deux ans plus tôt, dans un base navale de l’ONU. Mais l’ONU a refusé d’entendre ces accusations, malgré la présentation de preuves médicales. Et le violeur présumé est rentré chez lui.

Au Liberia, c’est une jeune-fille de 15 ans, qui a accusé un officier de l’ONU de l’avoir violée le 15 novembre. En mai, les enquêteurs de la BBC ont découvert tout un système d’échanges de nourriture aux réfugiés adolescents contre des faveurs sexuelles.

Ces dernières années, l’ONU avait déjà dû répondre à des accusations similaires, notamment des scandales pédophiles en République démocratique du Congo et un trafic de prostituées au Kosovo.