De la guerre à la crise, le Liban est dans l'impasse

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Le Liban est sous tension maximale. A peine sorti de trente-quatre jours de guerre cet été, le pays semble s'enfoncer un peu plus chaque jour dans une crise politique sans précédent. La journée d'aujourd'hui pourrait d'ailleurs faire basculer le pays, le puissant parti chiite Hezbollah et son allié chrétien, le général Michel Aoun, ayant appelé leurs partisans à se mobiliser « massivement » afin de faire chuter le gouvernement de Fouad Siniora.

Entre la majorité et l'opposition, le torchon brûle depuis plusieurs semaines. Le Hezbollah et ses alliés réclament une place accrue au sein d'un gouvernement qu'ils accusent d'être inféodé aux puissances occidentales. De son côté, la majorité accuse le Hezbollah d'obéir aux intérêts de l'Iran et de la Syrie. L'assassinat le 21 novembre de Pierre Gemayel, ministre de l'Industrie antisyrien, n'a fait qu'aggraver le climat de discorde.

Depuis l'appel à manifester lancé hier par Hassan Nasrallah, la tension est montée d'un cran à Beyrouth. Des coups de feu ont même été tirés, réveillant chez les habitants le spectre de la guerre civile qui a ravagé le pays de 1975 à 1990.

A. L. G.