L'épidémie de drogue se propage

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Cette année, la production d'opium en Afghanistan aura battu son record : elle devrait atteindre 6 100 tonnes (92 % de la production mondiale), soit une hausse de 49 % par rapport à 2005, selon le rapport 2006 de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC). La récolte des 165 000 hectares d'opium cultivés « dépassera les 3 milliards de dollars cette année, ce qui viendra enrichir une poignée de criminels et d'officiels corrompus », affirme le directeur de l'UNODC, Antonio Maria Costa.

Aujourd'hui, 2,9 millions de personnes, soit 12,6 % de la population, sont impliquées dans la culture d'opium, laquelle concerne 28 provinces afghanes sur 34. « Les chiffres de cette étude sont alarmants », note Antonio Maria Costa. Signe de l'étendue du problème, un ministère afghan de la Drogue a été créé en décembre 2004. Mais, alors que la production de drogue focalise toute l'attention, une autre menace apparaît : la toxicomanie. « Le phénomène est devenu préoccupant, affirme le Dr Mohammad Zafar, du ministère de la Drogue. A Kaboul, nous sommes passés de 7 000 usagers d'héroïne en 2003 à 14 000. Dans le pays, on estime à un million le nombre de consommateurs de drogue. » L'ONG Médecins du monde, présente en Afghanistan depuis 1982, a choisi de s'attaquer au problème. En 2005, elle a réorienté ses actions sur la réduction des risques – hépatite B et sida en premier lieu – liés à l'usage de la drogue.

F. V.

Aujourd'hui, 550 ONG sont répertoriées en Afghanistan. En 2004, on en comptait 2 355, dont 333 internationales. L'Etat a réduit leur nombre pour contrer les abus commis.