VIDÉO. Libération des otages: Une rançon de plus de 20 millions d’euros aurait été versée

MONDE Selon une source française citée par «Le Monde» et une source nigérienne citée par l’AFP...

M.P. avec AFP

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François Hollande, le 24 octobre à Bruxelles.
François Hollande, le 24 octobre à Bruxelles. — GEORGES GOBET / AFP

«Ni assaut ni rançon», a martelé Laurent Fabius mardi soir. «La France ne paye pas de rançon, c'est clair et net», a répété le ministre des Affaires étrangères. Pouvait-il dire autre chose alors que François Hollande a réaffirmé fortement la doctrine de la France en la matière -ne jamais payer de rançon- après sa prise de fonction.

Mais plusieurs sources démentent cette version officielle. Une source proche des négociateurs nigériens a affirmé mercredi matin à l’AFP que 20 à 25 millions d’euros ont été versés en échange de la libération des quatre Français. Cette source a précisé que cette somme avait servi à payer les ravisseurs ainsi que les intermédiaires qui, sur le terrain, ont joué un rôle important pour obtenir ces libérations. Cette source n'a pas précisé d'où provenait l'argent, si c’était de l’Etat français, nigérien, ou d’Areva, comme l’avançaient plusieurs observateurs.

De l’argent prélevé sur les fonds secrets de la DGSE?

Un peu plus tôt, Le Monde avait affirmé, citant une source française, qu’une rançon supérieure à 20 millions d’euros avait été versée par l’Etat français et «prélevée sur les fonds secrets alloués aux services de renseignement». L’argent aurait d’ailleurs été «acheminée par la DGSE», explique le quotidien, selon lequel Hollande a été obligé de revenir sur son principe de ne pas verser d'argent, après que le président nigérien lui a proposé un accord déjà ficelé.

Par ailleurs, il semble acquis qu’une somme de 13,5 millions d’euros a été versée début 2011 pour la libération d’une otage française, d’un Togolais et d’un Malgache, enlevés en même temps que les quatre autres otages. Cette somme avait été versée par Areva et Vinci, qui employaient les otages. Un médiateur malien, qui avait participé aux négociations pour la libération, a confirmé cette somme à l’AFP. «Donc pour moi, entre 20 et 25 millions d'euros c'est un bon chiffre», a-t-il affirmé.